ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2019

Orage, le ciel en flaque d’eau

Jpeg

Jpeg

Jpeg

 

Weißt du

J’ai une grand-mère, et la lumière
Est le souvenir, qui se prend dans ses cheveux,
Un coquillage, à la nacre bouclée, perle
Qui s’irise, de cette teinte des vagues,
Avant l’orage, dans un lagon, vert, gris, et neige,
Une île très australe, juste avant qu’elle ne meure,
Là-bas, une caldera qui s’effondre dans les eaux
Derrière l’horizon, les falaises des Marquises

Sur le suaire

Planter, côte, à côte
Pour le pollen, un thuya de Chine
Un lentisque, pour la résine

Vaquer à d’autres occupations, pendant quelques années, si l’on peut.
Le temps de la pousse

Le moment venu, déplier un drap blanc, entre les deux
Un arbre pleure, ses larmes lentes, le long du tronc, jusque dans le grand mouchoir
L’autre se répand, pulvérulent, spores d’or, sur le suc
Entre leurs racines, les grains d’un ambre éphémère, qui fondra avec la nuit.

Cimier

Jpeg

P&T

Dans les boites aux lettres,
Où poussent des graminées, où nichent les oiseaux,
Sur un tas d’enveloppes desséchées,
Plus rien d’autre, que du vivant
J’espère un pli, un rouleau de papier,
Écriture à la plume d’oiseau,
Et poudre fine, siccative,
Qui boit l’excédent d’encre

L’écran est lisse
Je passe le doigt
Nulle poussière n’en exsude
Il n’y a pas de courrier aujourd’hui

Pattes de mouche d’oiseau

Ceci est du sable
Je le ratisse. L’oiseau, qui
Sautille, cunéiforme

Animation

Territoire du poème. Quelqu’un est adossé
À un arbre. Le décor n’est plus lettre morte

Alentour la charbonnière

La mer est venue,
Jusque dans la forêt. À
Quai, un steamer fume

Coup de vent dans le couchant, clocher et réverbère

Jpeg

Sous la veilleuse

Dans la couveuse, où je plonge la main,
Les flocons chauds et jaunes des poussins,
Ils dorment, leurs petites ailes parfois se soulèvent
Sur le coffre minuscule de leur bréchet,
L’odeur de plume tiède, les becs oranges,
Des épines dans le désordre, sur des boutons de rose,
Qui respirent doucement, l’un piaille
Je retire ma main

L’aurore orange et rose, le safran passé d’un sari
Pas un souffle d’air,
Rien ne remue les nuages, dans leur pépinière,
Rien d’autre, dans ma paume, que la couleur chair de ma peau