Temporaire
Pluie. Ce n’est pas dire
« Il pleut ». Ses gouttes, en l’air, à
Jamais suspendues
Pluie. Ce n’est pas dire
« Il pleut ». Ses gouttes, en l’air, à
Jamais suspendues
La cueillir ? Dès lors
Mes pas autour de l’étang
Seraient d’humeur grise
Quand j’entre dans ton
Ombre, ô Déréliction,
Lire une ligne amie
Stéréoscopique
Le son vague d’un pôle à
L’autre, la musique
Racines aériennes
Souterraines les racines
L’arbre, haubané
Jeu du pas d’erreur
J’écoute « Nothing else matters »
Thé, ou Nescafé
La lumière d’or passe
De la chambre à dehors
Le soleil se lève
Lampe de chevet
Cône de lumière ginkgo
Arbre de chevet
Dans le vase sans
Eau. J’attends que la branche
D’alkékenge sèche
Tout un monde de petites portes en carton
De carrés creux à la Mondrian
Calendrier de l’avent, Schablone,
Pochoir, dont la découpe des fenêtres
Repose sur moi, un corps aux compartiments,
Un doigt, la voix, un ongle transparent,
C’est rose en dessous, presque la couleur du sang
Je ne bouge pas, là, Rorschach, une vertèbre-papillon,
Qui s’enfonce, noir et blanc, Trauermantel voletant,
Dans la futaie, les bois sont à deux pas, une, deux
Portières de papier, et tu y es
Et puis plus bas, recouverte d’un champ vert,
La fenêtre qui mène au coeur, gras de ceux que j’aime
Gros de ceux que je n’ai pas aimés
Ne la laisse pas trop longtemps ouverte,
Que nul ne s’écoule hors de moi,
Ceux qui te saluent, joyeux, les rideaux sont tirés,
Et les autres,
Ceux dont les volets demeurent clos, silencieux