Péage
Forêt-Faria, qui
Compte les pas du reclus,
Cellule, ville ouverte
Forêt-Faria, qui
Compte les pas du reclus,
Cellule, ville ouverte
La part de l’eau, du sable ? de ce marc blond
Dont les enfants du bord des mers font un ciment,
S’élèvent les murs de leurs donjons, à la lisière,
Les douves déjà s’envasent et se défont
Ce qui était dur comme de la pierre, les fondations,
Les moellons s’égrainent, et fondent, emportant dans la débâcle, colombages de kelp, les fresques de coquillage
Ce qui reste des enfants, l’empreinte de leurs pas
Tournés vers les dunes, et les maisons, dont les baies s’éclairent une à une.
La nuit est là maintenant, qui tombe de tout son poids sur tout, ruines du jour,
Les enfants grandissent, inlassablement
Demain est un château, il repoussera
L’homme perd peu à peu
Ses sépultures, il s’efface
Du coeur des vivants
Poème si réduit,
Cage, tout compte, jusqu’au creux
De l’interligne
La bouche est noire, de la brique réfractaire, un creuset, et son goudron, qui la culotte, des mots, ne reste qu’un tanin, cette part indélébile d’eux que le feu n’aura su réduire
D’un champ retourné
D’un chant retourné remonte une idole,
Ses paroles en strie sur la mandorle d’une pierre,
Un os creux, où se sème le vent,
Un pied en charrue,
Je creuse autour de ce visage,
Sans yeux, ni bouche,
Juste un ovale, bandeau de cheveux,
Du sillon de terre, nulle psalmodie,
Qui te prie encore ?
Peut-être ai-je parlé à un caillou
Diérèse, prononcer toutes les lettres,
Un mot occupe tout l’espace,
De sa dilatation, ne pas perdre une miette,
Ce fétiche, qui finit par s’user,
À force d’en ouvrir, d’en fermer les plis,
Et s’amincit, jusqu’à la transparence
Le rouage, petite dent du dièse, s’est cassé
La planisphère, où
De grandes vagues d’ombre
Simulent la nuit,
Le jour, ses replis,
L’oiseau, sur la mer, passe
D’hier à aujourd’hui
Au premier hiver
Venu, la feuille se laisse
Tomber, facile, docile, gracile, fragile
En tombant, l’x se brise aussi
Il faut s’accroupir, tes bras, tes jambes sont déjà pattes,
Autour de toi, les frondaisons plates de ces hauts arbres africains,
Dans le lointain, tout contre la cymbale du soleil couchant.
Tu es oryx, et lappe, l’eau rare et maigre du marigot,
Tes cornes sur le front pointent vers le fond, baguettes de sourcier
Animal blanc, tu ne dis rien,
Tu es le signe que l’hiver vient sur la plaine,
Cette saison en os de seiche, il faut que je me plie aussi.
Bientôt, plus rien, entre mes sabots, toute l’eau sera bue