Haiku — Cap’s Blog , entendu sur le blog de Claudio Capriolo
Christophe Bertrand (1981 – 17 settembre 2010): Haïku per pianoforte (2008). Thibaut Surugue. (foto di Pascale Srebnicki, 2008)
Christophe Bertrand (1981 – 17 settembre 2010): Haïku per pianoforte (2008). Thibaut Surugue. (foto di Pascale Srebnicki, 2008)
Laque cinabre, l’aube
Sur l’étang, cire rouge
Des roseaux en cierges
Je n’avance qu’à couvert
Il me faut des haies, des jubés, des halliers, de la lisière à épines, dense
Vous regarder par l’entrelacs de mon judas de branches, silhouette découpée, le contre-jour, et le soleil
Ma stricte observance
Fatiguer la salade
Sur la main, l’huile
Sur la gerçure, le vinaigre creuse son chemin,
Sont-ce les mots acides que notre peau retient ?
Les doux glissent, ceux que l’on oublie, dès que reçus,
Ce qui reste, l’amertume d’une feuille,
Et la brûlure, le vinaigre est grégeois,
Sous le bout du doigt
Les franges d’un tapis
Je suis un animal à griffes
La croûte d’une tarte
Plus que ses fruits
La parclose d’un miroir
Les confins du reflet sont franges d’un tapis
Le centre lisse
Du miroir, limes de la
Brume. Sa parclose
Ma peau d’âne d’ailes, d’yeux
Facettés est tombée, la
Nuit, insectivore
Un entonnoir noir
Aux parois lisses du sucre
Je suis un insecte
Un poème long, avec une foule, un décor
Rien d’austère, de la couleur, de la lumière, des animaux divaguent
Des mots plantés serrés, tu pourrais te cacher
Derrière chacune de leur tige,
Je t’observe, un arbre croît pour cela,
Il me fallait un tronc, pour disparaître,
Et la terre a tremblé, d’un mouvement du poignet,
J’ai secoué la feuille, sol où tu te tenais,
Je suis tombée, toi aussi, parmi les décombres,
La forêt est désenchantée, les gens, fétus sous les fûts,
Les animaux vont les dévorer, je ne maîtrise pas tout,
Le poème a ses limites
Tu as disparu
Le jour passe je n’ai
Pas parlé au coeur de l’homme
J’ai perdu mon temps