ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2019

Osmose

Je lis, m’imprègne
De la matière tinctoriale
Du dit d’un poème

Soleil, soleil, soleil

Je chamane un peu,
Balaye la poussière des deux
Précédents poèmes

Urbex

Il n’y a que le
Lierre à lire, phylactères verts,
Sur la maison grise

Prospectus

Fente de la boîte aux
Lettres morte de ses yeux
Le papier déborde

L’homme est une maison à l’abandon

Créature

L’odeur d’eau du concombre, l’ombre de la forêt
De la fiente d’oiseau sur les feuilles,
Crue. Sa levure qui les use jusqu’à l’humus,
Noire. Sens l’aisselle douce d’un mousseron,
La racine à nu d’un grand arbre,
Te souviendras-tu ?
L’ordre n’importe pas, mais de tout cela fais un savon.
Dans ta paume, sa mousse de débris verts et marron
Vois, sens le, l’étang ruisseler clair sur ta peau
Là, en grain de beauté, une écaille de poisson

Ciel

Faïence d’un bol bleu
Corbeaux, en gouttes noires, d’un
Lait qui a tourné

Projection sur écran

Les nuits grandissent, je
Défais leur ourlet, l’aire noire
Du jeu des ombres

Pie

Il écume, noir, dans
La brume, qu’avale le rêve
Frison silencieux

Bissectrice

Jpeg

33, 45, 78

Le texte ne change pas
La voix se déforme, caverneuse, ou ballon d’hélium
On rit, ou on frémit
Mais le texte
Changer l’aiguille, plus ou moins dure sur la cire, quelle est la nuance, dans le sillon, la part du cynisme, celle de l’ironie
Le texte ne change pas
Tu ne le dégraveras pas