Osmose
Je lis, m’imprègne
De la matière tinctoriale
Du dit d’un poème
Je lis, m’imprègne
De la matière tinctoriale
Du dit d’un poème
Je chamane un peu,
Balaye la poussière des deux
Précédents poèmes
Il n’y a que le
Lierre à lire, phylactères verts,
Sur la maison grise
Fente de la boîte aux
Lettres morte de ses yeux
Le papier déborde
L’homme est une maison à l’abandon
L’odeur d’eau du concombre, l’ombre de la forêt
De la fiente d’oiseau sur les feuilles,
Crue. Sa levure qui les use jusqu’à l’humus,
Noire. Sens l’aisselle douce d’un mousseron,
La racine à nu d’un grand arbre,
Te souviendras-tu ?
L’ordre n’importe pas, mais de tout cela fais un savon.
Dans ta paume, sa mousse de débris verts et marron
Vois, sens le, l’étang ruisseler clair sur ta peau
Là, en grain de beauté, une écaille de poisson
Faïence d’un bol bleu
Corbeaux, en gouttes noires, d’un
Lait qui a tourné
Les nuits grandissent, je
Défais leur ourlet, l’aire noire
Du jeu des ombres
Il écume, noir, dans
La brume, qu’avale le rêve
Frison silencieux
Le texte ne change pas
La voix se déforme, caverneuse, ou ballon d’hélium
On rit, ou on frémit
Mais le texte
Changer l’aiguille, plus ou moins dure sur la cire, quelle est la nuance, dans le sillon, la part du cynisme, celle de l’ironie
Le texte ne change pas
Tu ne le dégraveras pas