ce que vos yeux vairons

Mois : octobre, 2019

Érable

Une spirale, dans l’écorce de l’arbre
Une vis, un caducée, un jonc d’or en hélice, le long d’un bras orné
Un escalier, dont les marches filetées s’enroulent dans l’aubier clair
Venue de nulle part, l’eau sucrée, son ploc-ploc dans le petit seau,
Accroché sur le côté, un éclat zingué, le soleil luit, entre miel et ambre
Revenir
Attendre
Le vénérable emplit le petit pot peu à peu
Le soleil a viré, la sève s’ombre
Mais, les yeux fermés, le goût n’a pas changé

Koumi

Tu es, steppe sans fin, et le vent transparent
Je cours le long de tes chevaux, les dépasse et reviens
Par les épaules, les miens-aimés, nous tournoyons, nous nous abattons sur l’herbe. Rosée
Tu es, poème, vase-canope, ton couvercle est fait de nuit étoilée,
Où se tiennent serrés, et vivants, l’assemblée des coeurs,
Tous mes vivants, leur sève, qui n’a pas le temps de sécher

Crase

Pendu à un clou,
Sève vers le bas, vert, un
Bouquet d’herbes, séchant

Séchées. Autour du
Gnomon, le coeur transpercé,
Couronne d’une carline

La houle

Jpeg

Commissures

Croissant de lune. Son
Ombre sur la bouche du
Dormeur. Il sourit

La pierre taillée

Gardés, les éclats,
La poussière. Voir en eux le
Rognon qui n’est plus

Le fer à repasser

Son cordon n’est pas
Guidé, ce que j’aplatis
Aussitôt se froisse

Variation

Ce que je vis
Ce que je lus, mouvant, obéissant aux mêmes lois que ces essaims d’étourneaux, qui se brisent, et se recomposent, différents

Remontant des ténèbres du papier, la poésie en cordée
Rangée de bulles, chapelet de perles, vertical, immobile,
À l’orient changeant

Constellations d’oeufs de poisson gris, agrégés en grappe le long d’une herbe
Groseilles rosées et translucides comme la porcelaine en grain de riz de la chair d’une joue

Sombre.
Le ciel s’alourdit,
Ainsi que ces grains de buis, noirs, pupilles de bois dilatées, qui roulent sans trêve entre les doigts des orants
Cerises rouges, blondes, noires, brûlées, grains de café

Je me brûle au poème, à son sable chaud, quelqu’un remue le poêlon à torréfier
Je n’avais pas vu écrits là, le tisonnier et son brandon

Épice

Safran sumac sur
Le suaire de la nappe, le
Lys s’est ouvert

Éruptif

La terre a gercé
Endroit de la piqûre où
Le grain a germé