ce que vos yeux vairons

Mois : octobre, 2019

Le lendemain

La forêt est vide
Tous les arbres sont partis
On m’a oubliée

Sous la tuile couleur
De feuille morte, le nid est
Vide désormais

Alkékenges

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Troménie

La concession ne durera pas
La bruine est froide, et le vent cisaillant chasse les derniers pêcheurs, mes sharing partners
La couronne de l’étang est vide
Personne, les cabanes, comme autant de gemmes qui la sertissent, ont le ponton relevé
Je suis seule, avec le mauvais temps
Silhouettes vertes, et immobiles, félins à l’affût parmi les touffes de roseaux, les pêcheurs, silencieux, se sont diluées, la pluie
L’étang répond à mon désir, balance à fléau, son plateau penche en ma faveur
Mais la concession ne durera pas
Le temps varie

Elle dort

Grenat terne du corme,
Frotte la terre, en son coeur,
L’éclat d’une fleur

Fouir

Son coeur est de ces
Forteresses, Salses, à
Demi enterré

Les bas-fonds, l’étang

Décor de théâtre
Les nénuphars redescendent
Au noir de la fosse

Mon coeur

Elude-t-il le « mon », qui précède le coeur, dans l’expression, l’homme qui s’adresse à sa femme
Je ne crois pas, il ne parle pas de façon insensée, de même manière qu’il ne tronque, ni n’abrège
Je crois que cette femme est Coeur
Noyau
Centre
Les yeux, la voix épellent, à son idole, une infra-monodie, que nul autre, hormis elle, n’entend
« Coeur »

Salle

Vision d’un éther
Sur le verre dépoli, la
Buée. Salle de bain

L’homme est un pistil, derviche

La tête, l’oreille penchent
Vers l’épaule, le corps, la jupe
Girent. Corolle d’une fleur

Jeu de dames

La pluie colle les feuilles
De platane sur le trottoir
Pas japonais jaunes

Une fillette sautelle
Sur la marelle en désordre
Recherche le ciel