ce que vos yeux vairons

Mois : décembre, 2019

Fou aux abois

Le Fou a perdu son Roi

Roi des Fous

Au Roi « À Toi, Premier d’entre les courtisans de la Reine »

Le Fou fait son métier

Le Fou moque les courtisans

Le Roi lui coupe la tête

Le Fou n’aime pas la Reine

Fou à lier

Le Fou aime la Reine

Cité Interdite

Il n’y a plus de quête, dit le maître à l’élève
As-tu une question ?

Toutes affaires cessantes

Écrire aux gens que l’on aime
Que l’on voudrait écrire sur eux
L’endroit, parcelle de peau derrière l’oreille
Poème dans un pli,
Qui bat sur la veine brûle-parfum.
Un mot se dissout dans les cheveux
Sueur sur le support,
Écrire encore. À demain

Forêt noire

Neige, seule pays au
Monde. Silence, sa langue
Éphémère. Elle tombe

En Forêt

La grande lame,
(Plume bifide de stylo, celui d’un burelain géant, rostre, une loco fend
Les hautes plaines du XIXème, Far West,
Et la couche de bitume du sentier,
De plus en plus fine,
L’acier la racle, d’hiver en hiver,
Raboteurs de parquet, Caillebotte,
Hauts murs de plâtre chassés sur les côtés, limes de glace, corridor du manoir éventré par le froid de Varykino
Passage à pied sec de la Mer Blanche, décembre, jusqu’aux racines du thalweg, pousser doucement les troncs, et les arbres tournent sur leurs gonds, entrer
Terre ! Terre ! La neige ! Et le torrent fume, son évent de baleine blanche !)
Drapeaux rouges flottants, comme des bannières, Mittelalter,
Monte, vieux dragon ferraillant, chasse-neige, jusqu’à la maison.

Poème en bouteille

Replier sur soi
La coque, omoplates serrées
Entre, goélette