ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2021

Noria

Le soleil, ballon
D’hélium sous la voûte de
La grotte. Ouvre un œil
Remonte le ciel
Du fonds du puits

Pique-nique

Le vin en robe
d’osier, les filles, en robe
tablier, les pieds
au soleil se tiennent
à carreau, vichy
de la nappe, sur l’herbe

Pluie au buvard

Le vent la dilue,
Cordon d’oeufs d’un escargot,
Roulent ses perles
Sur la vitre, bavures

Double voie

Hommes qui encensent
Le dessous de leur robe
Blanche à Sana’a
Du premier étage
Je me penche sur le lilas
Sous la pluie, les herbes,
Gouttelettes d’un
Pétrichor, intérieur d’un
Sac poudré, bonbon
À la violette,
Maman, Mémé

Per fumare

« Siehst du, Laura », dit
Maman, mémoire olfactive
Tiré d’un film à
L’eau de rose, wer weiß

First we take Manhattan

Traverser à pieds
Secs le temps d’une chanson
Curry unter den
Linden, pastrami dans la
Forêt de béton

Son poinçon

Tapis noué main
À quoi rêvait-elle, celle
Devant sa lisse
Assise
La chaleur, sa cire
De sueur sur les doigts
Glissant sur la lyre
De la laine, couac
D’une fausse note, à jamais
Tapie dans le tapis
Ou bien était-ce
Une mouche dansant
Sur le carton à dessin
Qui oblitéra
De son ombre le motif
Désiré, boteh

Que fais-tu ?

Je télégraphe
Chappe. Les messages, brouillés
Le bras gauche met tout
À l’impératif
Éclairs, zigzags de z, ordre
Et contrordre
L’idiome d’un homme de
Paille au milieu d’un champ d’avoine,
La brise

Le temps de la sieste

L’après-midi, un
Bernard-l’hermite, a trouvé
Refuge dans le
Cadran d’une montre
Arrêtée

Les petites maisonnettes

À Cayeux-sur-Mer,
Sur la plage, une rangée de
Crayons de couleur