ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2021

La bonne aventure

« Mais tu es de bois »
Trop de bras, et tant de mains,
Dit la diseuse

Puis après avoir
Longuement observé le
Ligneux des nervures,

Sa divination
« Tu es un arbre ». Tendant
Une main, son prix

« Tu me donnes quoi ? »
Le ginkgo se coupe une
Mèche de cheveux

Elle en éprouve
Le métal, croque dans une feuille,
Comme un vieux changeur

Sa lueur, à la
Feuille d’or sur un laque verni,
Puits de son regard

Disque du soleil
Sur la nuit de juin, rien, à
Peine un filet noir,

Sa canine aiguë
De chat brille quand elle sourit,
Une paillette, la dent
S’émaille, cloisonné
De Chine, détail

Rover, Pathfinder

Elle essuie le vent
Laisse le tableau noir propre,
Die Zigeunerin
Bricole à l’épaule,
Pousse devant elle le présage
Du jour, le troupeau
De ses pas, qu’elle compte
Comme des pièces de monnaie
Elle s’en va

La consolation

Le malheur, en mode
Mineur. Tes larmes jouent aux billes
Sur tes joues rosies
Noch klein sein
Rien de grave

Profil gauche

Compassion

La libérer de
Son labo biohazard,
Où elle s’est terrée

Abri sous roche

Luc Jardie qui vit
Son hiver dans l’ossature
Bois de sa baleine

Dans le ventre

Ce que l’on garde
Sous l’eau, anaérobie,
Ou branchies, museau
Doux des lamentins,
Qui paissent, dans le carré des
Laitues de mer,
Et les rayons du
Soleil, que la surface
Forge jusqu’à l’oblique,
Et rebondissent
Tout remonte. Bulle d’air,
Qui roule, sur le jet d’eau d’un
Évent, seul fétu
De Jonas, ombre derrière
Les canisses des fanons

Miniature minuscule

De loin, on dirait
Un trait noir. De près aussi.
Comme un fait exprès

Dos

Je sens qu’il est là,
Mais ne le vois jamais, grand
Mystère de la foi *

*Abuser du miroir ne compte pas

Compassion des composants (électroniques)

Le réveil a pris
L’initiative de sonner
Un quart plus tard