ce que vos yeux vairons

« Vos papiers »

La société des
Masques, anonyme
Tu l’aimas.
Le visage uniforme,
En uniforme de papier,
Blouse blanche
Glissant dans un film
De Franju.
Désormais, le porter,
Nuage plissé,
Exhibition de ton identité.
Tu seras moins nu,
À faire glisser de côté,
La cloison opaque
De ton shoji

Promenade

À cette section du sentier,
Avant qu’il ne se verse sous les bois,
Ruisseau en aven,
La mandorle énorme
De la lumière,
La tache de soleil,
Accrochée aux arbres,
Ainsi qu’un napperon,
Repose-tête,
Fauteuil chinois,
Dans un salon,
Le cercle de la sueur
Sous l’aisselle d’un marcheur,
Tu t’arrêtes sur le pas de la porte
De l’ombre,
Jeux des pupilles,
Leur diaphragme s’ouvre, se ferme,
S’ajuste.
Sous les arbres,
Le soleil cru fait vitrail,
Tu marches,
Pas japonais des feuilles
Qui crissent,
Leur son vert, et or, et mûr, et cuir craquelé,
Mer de la Tranquillité

Zweimal Bach

Faire état des eaux
Du petit torrent
De là-haut.
Sur la carte météo
On ne voit que Stuttgart,
Les lustres ruisselants de l’opéra,
Où la lumière se déverse le long de la boue,
La baignoire se vide,
Avec les spectateurs,
Emportés au dehors par la crue.
Là-haut
Le courant gonflé comme le jabot
D’un grand tétras,
La bulle de verre d’un geyser
Au moment où,
Le coup de cymbales !
L’homme qui en savait trop,
Il va éclater en sanglots !
Mais non
Sans drame.
Pas de maisons à renverser,
D’hommes-fétus-de-paille
De cultures à noyer.
Juste le sable dissout pailleté,
Pour des chercheurs d’or,
Un rayon de soleil passe le peigne sur un sapin qui penche, aiguilles, pomme brune, et fond dans le torrent, lingot effervescent,
Dans le baquet de la forge, un butin
De copeaux de bronze doré,
Bézoard d’un animal marin,
Et ces jeux d’eaux,
Traduits dans le tumulte
De sa langue,
Remous