ce que vos yeux vairons

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Raconte

Naîtront des petits,
De ces êtres
En croûte de boue,
On ne distingue pas
S’il s’agit d’enfants,
D’hommes, de femmes.
Ils sortent de leur gangue,
Sarcophage pour les vivants et les morts,
Römertopf d’argile
Emplis de terre.
Plus tard, les enfants seront dits
« Ceux de la grande crue,
Fils et filles du fleuve,
D’étreintes prises à la vase »
Plus tard encore, on oubliera
La genèse,
L’histoire succombera.
Sur ses cendres,
Quel mythe,
Quel dieu
Feront racines,
Robinsons en leur tabernacle,
L’île, est déjà presque vide