ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2021

Le long de la paille

II ne ressemble à
Rien, sur fond blanc. Transparent,
Le verre. Il verdit
Soudain. En ses eaux,
Un gazon glacé,
Et ses nonpareilles, des bulles,
Dans le sirop frais
Du diabolo,
Baume de la menthe,
Sur les lèvres gercées,
La bouche est fontaine,
La mousse du cresson

Sa vie, à un fil. Soleil en diabolo

Mise en lumière, nuit

Il n’y eut pas
Au soir,
De ces ciels étoilés,
Que l’on ne trouve
Que dans les hauteurs, à l’air rare et limpide,
Nuit de Dalmatie,
Au champ de marguerites
En suspension au-dessus des têtes,
En Pentecôte,
Carreaux d’arbalète des Perséides,
Qui troublent un instant,
L’ordonnancement des fleurs.
Mais dans la douceur,
Une constellation inédite tombée
Sur terre,
L’assemblée des yeux brillants,
L’escarboucle
Des coeurs affleurant
Sous la peau
En transparence,
Le pulsar d’un point rose,
Bouton de nénuphar,
Palpitant,
Et le partage du vin,
Son or sur les lèvres,
Cerise sur les joues,
Vermeil

Raconte

Naîtront des petits,
De ces êtres
En croûte de boue,
On ne distingue pas
S’il s’agit d’enfants,
D’hommes, de femmes.
Ils sortent de leur gangue,
Sarcophage pour les vivants et les morts,
Römertopf d’argile
Emplis de terre.
Plus tard, les enfants seront dits
« Ceux de la grande crue,
Fils et filles du fleuve,
D’étreintes prises à la vase »
Plus tard encore, on oubliera
La genèse,
L’histoire succombera.
Sur ses cendres,
Quel mythe,
Quel dieu
Feront racines,
Robinsons en leur tabernacle,
L’île, est déjà presque vide

Nuit, au plus noir, juillet

Les noms

Dans le journal,
Où ils se télescopent sans heurt,
Herr Hoppe succède
À Königswinter
Rien d’autre ne coule
Des pages,
Que leur histoire brève,
Muddy Waters ?
Mais le nom est déjà pris,
Le glissando d’un deux-tons,
Feuerwehr,
Et déjà plus rien,
L’émotion pétille un instant,
Puis l’eau, still water,
Sera redevenue plate,
Il faudra
À un autre cyclone
Trouver un prénom

Ni le jour, ni la nuit, l’après-midi

Excepté cela

Ce fut un enfant
Du Vésuve venu par
Les eaux. Là-bas,
Le magma est froid

Canon dans la clairière

Motif au gemshorn
Le vent se lève entre les
Ramures des cerfs, rhombes

Nuit, heure d’été

Voilà la lumière
De midi, qui n’est plus que
Lune. L’ombre d’elle-même