ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2021

Le désir

Huile épaisse entre
Les rouages. Plus rien ne colle
Soudain avec
Le schéma de départ,
Incongruité,
L’angelus sonne
Maintenant à huit heures cinq.
Quelque chose ne
Colle plus dans le
Paysage sonore

Morgen

Le jour se lève sur
L’encrier, et la nuit est
De sortie. Écrire
Une tartine

Nuit, couleur de l’encre

Les affluents

Tu vois de la terre rouge
Des croix de saint André qui flottent,
Le bois desserti des colombages.
Le torchis blanc rosit,
Et les images dévalent,
Par tombereaux,
La plaine irisée,
Millions de boutons de nacre
S’écoulant des réservoirs,
Soleils à la benzine,
Ebrus, beaux à pleurer.
Tu vaques dans la maison,
La tienne tient debout.
Demain, viendront des amis
Du pays du mistral,
Sabreurs de rubans.
La nappe.
La vaisselle brille
Dans le deux-corps de noyer,
Ne gâche pas leur lustre,
Suspends un instant
Tes battements de coeur déchiquetés,
L’eau coule,
Mais ce cercle-là
Ne se fissure,
Les anneaux de leurs bras.
Avant l’au-revoir,
Nous aurons échangé
Notre verroterie, nos ortolans,
Nos poisons violents,
Eux, les banons,
Les alentours de
L’abbaye de Montmajour,
Contre l’onguent
Dans son pot de grès rond,
Griebenschmalz,
Qui sent la fumée du plateau,
Un cérat, dans un coin du
Tableau.
Puis enfouir ces moments,
Ainsi que le fit Mémé
De son trousseau de draps,
Au fond du jardin,
Avant l’évacuation,
Vers le pays de Charente
Y revenir plus tard,
Les humer,
Comme un avare, sa cassette,
Jour heureux,
Parmi la fange des heures.
« Allez les gars, on progresse ! »

Nuit

La mésange te prend sous son aile

Photomaton

Zwillinge

La nuit, la pluie

Allumer la lumière à midi

Dans quel cambouis
Plonger tes mains,
Laisse les oiseaux à poésie du ciel,
Ils vont bien,
Ceux qui ne volent pas
Ont le besoin de toi,
Ils sont les cormorans englués,
Nimm eine Mop,
Éloigne les oiseaux de proie

Die Grenze

Enveloppés
Dans le papier,
Du charbon incandescent,
Des rochers,
Détourner les rivières,
Assécher l’eau,
L’ordre au torrent,
De couler de ce côté-ci
De la frontière,
Des pages bibliques,
Moïse, à pieds secs,
Des enfants, pour vider
La mer, avec
Leurs petits seaux

Oripeaux

Tu la regardes

Sa robe est de ces
Champs de neige,
Où percent les fleurs,
L’été,
Sa peau est tiède,
La liane verte de la ceinture,
Et les rubans qui pendent,
De son chapeau de paille,
Deux traits de velours
Pris dans de la mousse espagnole,
Son visage
Est l’un de ses coeurs.

Et le partage de vos cheveux noirs
Elle te ressemble, Rosa,
Hagarde, entre
Les rangs d’hommes allongés
Par la guerre
Scarlett O’Hara

En eau noire

Capillarité
La nuit, par les fondations,
La terre. Le ciel, en
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