Tourterelles
Une rangée d’épis
Faîtiers serrés sur le toit
De la maison
Qui roucoule
Qui roucoulent
Une rangée d’épis
Faîtiers serrés sur le toit
De la maison
Qui roucoule
Qui roucoulent
Gitane
Dans le siècle,
Son écu est ton écot,
L’eau qu’elle verse
Aux pieds de son arbre
Aux sabots
Tsigane
Nul écu, dans
La règle
La parole ne porte pas
De chainse,
Bourgeois de Calais,
Nus
Rosa née, ni l’une,
Ni l’autre,
Die Zigeunerin,
Sans chèvre folklorique, ni roulotte à rideaux, et géraniums pendus sur les côtés
Elle ne ressemble pas
Aux maisons d’ici,
Mais aux herbes des fossés,
Les jardins la regardent de travers,
Un fichu sur la tête,
Le samedi, les femmes sont hérissées de bigoudis,
Elle erre dans le village,
Son âme est-elle en peine ?
Elle n’est pas comme il faut propre,
Elle sent, les phlegmes,
Nos égouts sont profonds,
Nous sentons, l’urine,
Sous le savon,
Rien de plus,
Les vieux ont disparu,
Leurs tombes demeurent,
Où l’on se prosterne,
Les bras cassés,
Sous les pots de chrysanthèmes,
Rosa, son monde ignoré, est enfoui,
Jusqu’à sa place étroite au cimetière,
Qu’elle perd peu à peu,
Et l’ensevelit,
La folle.
Combien de fois,
N’avons-nous pas été ses rois
Incipit
Prends place sous l’arbre à noix, qui pousse ici, et sous son ombre acide, ce qui pousse aussi, rien d’autre, que l’écho qui suit
Cette personne, crainte, à la manière des enfants
Je fus aussi cette enfant sous l’âge de raison
Je dis personne.
Ni homme, ni femme, mais noire, une espèce, issue du brouillard, un voile de fumée
Son vêtement, ses rides peignées ainsi que le gravier d’un jardin, ses jambes, arcure d’un cep de vigne
Son visage, bronze d’un buckling
Elle parle à son épaule vide, à de l’invisible, derrière elle, ara absent d’un pirate
Autour d’elle, un cylindre de verre, que nul ne franchit, cercle de sorcière, le cercueil qu’elle trimballe
Ni esprit simple, ni simple d’esprit
Folle
De quoi ?
Les gens lui parlent du bout de la fourche, on joue à se faire peur, interrompre son monologue, de derrière sa barrière
Son histoire, à laquelle seules les personnes grandes entendent quelque chose
S’Resslé
Prénom d’une petite Rose
Son nom, celui du noyer
Au cimetière, sa tombe tombe en deshérence,
Mais tu es arrivé jusqu’ici
Le scion du début porte des fruits, il est arbre
Entre ses racines, l’urne
Elle, nue, et ses hardes
Ta mémoire rougit, et baisse le front
Tu as grandi,
Tu lui dois un tumulus de princesse
L’homme est un pays
De Karl May. « Aujourd’hui, il
Ne pleuvra qu’une fois »
D’abord.
Le porter, non repassé
Le sérac des vagues,
Rectilignes, dans le tissu,
La mer, accrochée à toi,
Sans gravité.
Tu regardes tes pieds,
Secs,
L’eau n’est pas tombée,
Gravée dans le marbre
Du coton froissé
Buissons d’aronia
Au taille-haie,
Sur une face,
Petit jardin, de bord de torrent.
Sous l’auvent des sapins,
Dont la cime,
Jack et le haricot magique,
Semble elle aussi broutée
Par la brume,
Les traces fines
D’un sabot.
Dans l’air laiteux,
Sigrun lève deux doigts,
Dessine deux croissants
De lune,
Ein Reh !
Elle désigne le flanc sombre
De la montagne,
De l’autre côté
Du cours d’eau.
Son aire est l’ombre,
La crainte de l’humain.
Mais la faim,
Cette nuit, il reviendra,
Dans le petit jardin.
Stille Nacht