ce que vos yeux vairons

Mois : juillet, 2021

Trois maquettes

Désert ordonné
En un chaos. J’ai ôté
Les épinettes.

Vois, la tour du haut
Château, sur la brume,
Des traces de pas,
Comte de Télek.

Le pierrier pourrait
Tout aussi bien
Trouver son granite
Rouillé dans une boîte
De Blonvilliers.

Carré, le grès blanc
Au cordeau, alignement
Des ombres,
Forêt Noire,
Erstein

Poème, universel donneur

« Laissez-moi passer,
Je suis médecin »
Ainsi, se fraie
En ton sein
Ce fragment de phrase,
Qui ne semble s’adresser
Qu’à toi,
Ainsi que la troublante
Anamorphose, qui fait mine
De te suivre du regard,
Dans la foule
Huile d’un tableau,
Onguent sur un coup
Au coeur

Voile blanche de felouque
Le jour se lève sur le Nil,
Ombre de piéride

La nuit, l’été, le jour

Mais, le Défenseur du temps

Tu consultes ta
Carte d’identité.
Tu la déplies,
En te demandant,
Si depuis le temps,
Les choses ont changé,
Des collines arasées,
Une autoroute aux champs,
Là, une ville nouvelle,
Comme un bouton d’acné,
Tu comptes surtout
Les couches de pelure
D’oignon, qui s’amoncellent,
Un cerne de plus.
Elle fait les comptes
À la minute près,
La photo en haut,
Dans le petit carré

Eux, muets

Tu, monologue,
Tu lâches un pigeon,
Qui file droit,
Ne connaît pas la boucle,
Encore une pièce,
Dans le bandit manchot,
Tu secoues la machine,
Tu as aligné les trois cerises,
Mais elles restent accrochées

Enchevêtrement

Chaussure trop étroite

Quadriller le ciel
Soleil, dans de petites
Cases. Lion en cage

Tu es
Dans une boîte de
La nuit. Indistinctement,
Le parquet, est plafond,
Leurs briques de verre.
À la renverse,
La pâte du rêve,
Le marchand glisse
Un grain de sable
Sous la paupière,
L’oeil fait oeuvre
De nacre,
Paraison satinée
D’un morceau d’eau,
Poire d’une perle baroque,
Une larme,
Mise en lumière,
Photon,
Man Ray

Miroir réfléchissant

Au tréfonds de l’eau,
Où pénètre le soleil,
À peine une granule
D’homéopathie,
Une particule or
Sur fond de fumerolles
Noires,
Sous ces tropiques
Profonds,
Un doublon en suspension,
Un poisson dort
Immobile, lanterne
Sur le front, veilleuse
Au chevet d’un enfant,
Étoile blanche
Sur le chanfrein
D’un cheval
La nuit, ici,
A plongé,
Un lumignon,
Et le ciel,
La Voie Lactée,
Au goutte à goutte,
L’été

Les carreaux

Il y a ceux qui
Se posent sous ton pied. Ceux,
Si ensoleillés.
Ton pas aveuglé
Te plonge dans un abîme
De perplexité

Du jour, à la nuit, glissement