ce que vos yeux vairons

Grosses ficelles

La capote brusquement
Dans un claquement,
Et un nuage de poussière,
Sur les têtes.
Happés au passage,
Comme des goulées d’air
Par une bête en plongée,
Des filaments de flonflons
Électriques,
La fête foraine.
Mécanique ondulante
De la chenille
Sur ses rails en ruban
Dans l’espace.
Sous la toile mitée,
La voûte étoilée
D’un planétarium,
Ballet
Des usagers brinquebalés,
Un peu de tauromachie,
Aussi.

Ici,
Je suis celle
Qui balaie la poussière,
Je vends les tickets,
Les pommes d’amour,
Je plonge les corps
Dans le soir,
Je met les cris au jour,
J’appuie sur les boutons,
Là, un haut-le-coeur,
Bondir dans le trou
Du souffleur

Tourne l’écran.
De la feuille de papier,
La chenille est passée
Sur l’autre côté
Sans laisser de trace,
Du vent,
Poème,
Et manigances

Poids plume

Des yeux jusqu’au coeur.
Une poésie, sans support,
En toi s’incorpore

Gros titres

Par la fenêtre, deux visions de jardins

L’un est la fraîcheur même, sous le soleil le plus ardent,

Le gros buisson aux feuilles intensément vertes promène ses fleurs violettes en eaux libres

Plus haut, en biais, le même soleil brûle un paillis de cailloux blancs, un gazon d’os, de lait de chaux caillé, d’où percent  ainsi que d’une collerette elisabéthaine, des plantes à clous, un concile d’épines, taillé en boule, des veuves décolorées, même la terre ne fait plus aucun effort pour elles