ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2021

« La valse dans l’ombre »

Sept ans de réflection

Tu portes un nom de maladie,
Mélancolie,
Poésie.
Je te mords,
Je te crache,
Je me raccommode,
Douillette Rambo,
Sous anesthésie.
Tu es un meuble,
Dorénavant,
Je te housse de blanc,
Miroir poussiéreux.
Tu fus un vêtement,
Un objet de séduction,
Mais l’amour ne s’en laisse pas conter,
Conclus la phrase par l’adverbe qui te plaira.
Conclure une paix séparée avec toi,
Poésie

Cuis un gâteau
Époussette les bibelots
Sors les détritus
Désherbe dans la penderie
Rémoule les lames
Les tends
Au boucher,
Au coiffeur,
À l’acupuncteur
Les banderilles,
Au torero,
Dans des gerbes
D’étincelles,
L’Arsule à Gedemus,
La roue tourne
Et s’échauffe,
Couronne d’un grand soleil.
Écris des tartines,
Et les mange,
Aussitôt
Jusqu’à la dernière
Virgule,
Tartare au couteau
Circuit du produit
Commis
En vase clos

Anecdote

Elle soulève à demi
Le rideau fait de petits plis
Gris souris,
Et entre dans la boîte.
Règle le tabouret,
Les anneaux de la vis
Sans fin défilent, défilent,
À sa hauteur.
Ajuste l’ovale,
Celui où
Se cale le visage
À capturer.
Elle pense à Nino Quincampoix,
Sort le grand jeu,
Son peigne,
Son Rouge Baiser.
Dans la peinombre,
Trois flashes successifs.
Puis la bande de carton
Tire la langue,
Au dehors du dispositif,
Aussi noire,
Que celle d’un pendu.
Nuit.
Voile pudique sur le triptyque,
Circulez, il n’y a rien à voir,
Portrait en plan rapproché
D’une bête.
Alouette sans tête

L’encre a giclé
Jusqu’aux genoux,
Abattoir,
Poème écrit
Comme un pied

Tu n’es pas du Japon

Tu n’es pas de l’esprit du Japon

Cesse tes japoniaiseries,

Sa poésie t’en saurait gré,

Tu portes le kimono comme une croix,

Un costume d’emprunt,

Le chignon de travers,

Le teint à la craie,

Pour aller guincher, Cha-U-Kao, 

Comme une geisha au Balla-Balla,

Tu ne sais pas,

Trotti-trotta,

Marcher à pas bien élevés

Comme une petite souris,

Tempérance et Modestie,

Tes doigts de pieds,

Berthe-aux-grands-pieds,

Trouent tes chaussettes blanches,

Et dépassent outrageusement

De tes socques en bois,

Tu marches à grandes enjambées,

Entravée par le costume de soie,

Qui te blackboule,

Tu tombes,

Cette robe n’est pas faite pour toi,

Du bist grob, wie eine Kochwurst,

Le fugu, sans parcimonie,

Les lèvres en bec d’ornithorynque,

Au service de dermatologie.

Ainsi es-tu.

Tu écris ta petite affaire,
Kaffeeklatsch, ta zone de chalandise.
Puis, aussitôt dit,
Tu déplies
Une table, deux, trois chaises
Tu offrirais même un verre de liqueur,
À qui ferait halte ici,
Tu l’abreuves,
Il t’abreuve, louangeur,
Top là !
Discussion autour du bout de gras,
Là, la poésie
Chemin âpre,
Téter l’eau amère
D’un caillou calé
Contre la joue,
Nulle borne, à la parole facile,
Aussitôt évaporée,
La route,
Au pain noir,
Solitaire

Là, pour faire joli ?
Las, pour faire joli
Tu es à côté
De la plaque,
L’instantané,
À l’instant T,
Un corps mat,
Entre tes doigts,
Toute lumière bue.
La poésie n’a pas impressionné la pellicule, elle n’est pas là, las, pour faire joli
Electrocyanogramme plat

Tête de mort,
Sphinx sans le geste
L’air passe au travers d’elle,
La levée du corps,
Qui papillonne

Au fond de la veine

Es-tu autre chose qu’une excavatrice,
Poète ?
Une taupe,
Qui met au jour
Ses éboulis,
La roue d’une
Haveuse,
Qui attaque
Le front de taille,
Mord au plus noir
De tes souterrains,
Et étend,
À la vue de tous,
L’empreinte de tes suées,
En filigrane,
Comme le sang
De ces mariées,
Exhibés,
En leur premier matin