ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2021

Ce chemin de servitude
Étroit, foisonnant
D’une ronce,
Que tu arraches,
Sans trêve,
Elle, tout en sève,
Poésie.
Toi, animal
Attaché
À ta noria.
Comment sortir
Hors les murs de ton être, sans
Tenir cette sente
Aussi ténue
Qu’une fente,
Libre,
Nue,
Le tissu
D’un champ opératoire,
Avant la macule
De l’intervention

De l’oeuf~mollet, éclosion, queue de poisson

Fruit de mer

Pied de grue

Faune déchaux

Pied en proue, drakkar





Poème,
Avec un brin de persil
Entre les dents
Quand il sourit,
Dans ce seul point vert,
Toute l’épaisseur
D’une humanité

Art décoratif,
Le rubis
Des phrases empilées
Tête-bêche,
Aiguilles creuses,
À la vie évaporée,
Longs segments
De piments
Soulevés
Par le vent,
Pendus aux fenêtres
Joli-poème-Espelette,
Fleischkäse,
L’alignement
Des os
D’un squelette,
Mais l’animal.
A-t-il vécu ?
A-t-il laissé
Une seule plume
Dans un vers

Aujourd’hui, corset,
Dont les baleines, sont des
Liserons, qui craquent,
À la première expiration
Poème
Demain,
Un sarreau
Taillé dans
Le papier de riz
D’une lanterne.
Attendre,
La nuit,
L’inspiration
A pour nom
Souffle frais
Bu à l’évent
D’une baleine,
Air tiédi,
Cueilli entre
La peau,
Et le champ de coton
De ta robe
En son haut.
Nulle crainte.
Sur l’échelle de Richter,
Le séisme infime
S’inscrit
Une vaguelette
Boucle,
Tu respires,
La lanterne
Monte,
Luciole,
Qui accompagne
Le vol
D’un bonhomme
De Folon

Tombe-t-on ?
Toutes affaires cessantes,
L’écriture,
Ainsi qu’un cycliste,
Toupie
Qui verse sur le flanc,
Les cale-pieds
Vidés
De leur contenu

Chaque fois que tu t’abandonnes
À la tentation du vers,
Saint Antoine au désert,
Noue un à un
Les brins sans nombre
D’un tapis de papier,
Et invoque la pluie,
Ses botehs
En bouillie.

Monte dans une
De ces tours de verre
Poussées dans la ville,
Un hôtel.

La chambre est lisse.
Nul bruit,
Pour la rider de son onde,
En dehors de celui,
Guêpe qui vrombit,
Ton coeur,
Et son acouphène

Sur la coiffeuse au miroir,
Un sachet de thé
Bronze l’eau qui fume,
Dans une tasse,
Et son multiple,
Son reflet,
Dans la glace

Dans le tiroir
De la table de chevet,
Ta main gauche à couper !
Une bible des Gédéons.

Tu es seul
Le seul état
Qui ne soit pas
Illusion,
Tous les hommes partagent ce privilège,
Pain à la croûte acérée,
Un silex
Qui ulcère,
Autant qu’il nourrit

L’amour
Cette petite poignée de terre
Jetée dans l’obscurité
D’un trou
Afin de le combler
Insondable aven