ce que vos yeux vairons

L’été, l’hiver, les hémisphères

Un araucaria
(Premier mouvement,
Se dire, mais que donc est loin
La Patagonie)
Aux premières branches, ainsi
Qu’un boa bruni,
Barbelé d’aiguilles
Rouillé d’un mirador, qui
Laisse tout passer

Arts ménagers

Cuisine d’odeurs,
Portées
Par les cendres,
Et les fumées,
Le four pyrolyse,
Le repas de Noël,
L’an passé,
Les visages penchés
Sur le gâteau,
La température monte,
Sans effort
Un brouillard bleuté
Flotte,
Le ressenti charbonneux
De ce qui a rôti,
Jusqu’à n’en plus rien
Laisser,
Que cette chaux,
Les bruits des conversations,
Le tintement des couverts,
Le vin qui s’évapore.
Tout est net, déjà.
Mais le petit cadenas,
Qui commande l’ouverture
De la porte du four
Ne clignote pas
Encore.
Le temps nécessaire,
Après l’embrasement

La dictée

Sur de la neige
Dure,
Une goutte
De bleu de
Méthylène
Sinue,
Du marbre
Se veine
Sur de la neige
Tendre,
Inscription
Uniforme
D’un ciel
Enchâssé,
Les plombs,
Un nuage,
En lisière,
À peine
Figuré,
Un bleu
De Chartres,
Matin,
Et Mytilène