ce que vos yeux vairons

Mois : avril, 2022

15h45, Portmeirion

La poésie.

Cil sous la paupière, son bras tangentiel qui raye, vue sous les barreaux

Surtout cailloux, à la pousse nocturne, prédilection pour les talons

Une empêcheuse de tourner dans le sens qu’on veut

Tu es un arbre-bouleau et elle te plante le drain d’un bic dans le flanc

Lui faire une sève amère, une bile d’ours, écraser de la quinine dans son sirop, apprendre le tricot, sauver sa peau, la laisser à jeun, tu complotes comme une empoisonneuse, tu veux lui échapper, à cette tête-de-lotte-de-rôdeuse.

La poésie

Couteau suisse

L’Allemagne en l’Espagne
Pimentón. Sens, la Forêt
Noire fuligineuse,
Les truites dorent à
La fumée de bois mouillé
Sans soleil, les cols
Des vestes perlent leur suint,
Tant pour tant, gitan
Tannenzäpfle
Épice du piment

Tempête autour d’un harfang

Le vent qu’on ne voit
Regarde. La neige frémit,
Lève un lièvre blanc

La lune

Oblitère le ciel,
Un nuage de vapeur passe,
Décoller le timbre
Minute papillon !
Le soleil sort son rayon
Laser, pyrograve
La flamme, un coup de
Foudre pour le zigzag
Des petites dents,
L’une de lait tombe en
Flocon, neige de printemps
Le timbre ne vaut plus rien
Mais une petite
Souris répare l’anicroche
D’une pièce d’argent.
L’une, l’autre.

Pensive

Un Bochiman boit, ses lèvres sur un oeuf d’autruche, dans l’armoire des parents, dans le livre d’art, une page, sous une feuille damassée de papier cristal qui crisse, les cheveux nattés à même le crâne, couleur ivoire de la crème avant le beurre d’hiver, celle de la coquille, l’homme qui boit absorbe la lumière, sa peau dont se comptent les grains de la ponce, il a les yeux clairs d’un mineur, sa proximité floue, sous le papier opaque, le même traitement que les photos de mariage, le brouillard de la feuille sulfurisé, et le voile se soulève. Le beau temps

Les autres heures

Sans contours précis
À la couture floue, longueur,
Selon l’humeur du
Genou,
Ce quart d’une d’hier
À éplucher des légumes
Glissant son ruban,
Copeaux blancs
Des asperges,
À la poubelle.
Et ce matin d’hiver,
Heure de la saint Modeste.
Une fleur posée sur une pierre,
Une pensée pour un jeune mort,
Grignan.
Puis ce côté-ci du monde
S’est réveillé volcan

20 heures par anticipation

Débat. Il tente un
« Téléchat ? », « Téléstar »
Je fais ma Tabatha
Programme sur mesure.
Le pré-humain à fourrure
Fait son cinéma

De 14 heures à 16 heures

Time sharing, le chat
Préempte la terrasse, « pose
ta serviette ailleurs »
Le message passe…

16 heures

Ce pré-humain qui
A eu le flair de ne pas
Franchir les limites
Chat,
Vient au
Nouvelles,
Kaffeeklatsch

13 heures

Qu’est-ce que la poésie ?
Elle a gravement
Atteint Gilbert Garcin, son
Emmanuelle est
Un oursin