ce que vos yeux vairons

Ici-bas

Dans des camions-four
Le four de serres,
À fraises
À concombres,
Le plastique
Et le verre,
Coupants,
Sous le soleil,
Et si je ne mange pas les fruits,
Ils iront tanner
Des denims,
Pour un denier
À se partager entre cent.
Ô, multipliez,
Les Le Havre,
Les Marcel Marx,
Les Faucon Millenium
Soufflez,
Le chaud
Et le froid,
Au moment
Où il le faut,
La laine sur la peau,
L’été,
Ligne de partage
Des eaux

Cet après-midi

Des bouts de banquise,
Plus légers que l’air des bulles
Qu’elle emprisonne
Polystyrène
Jeté par-dessus bord benne
Grauenland,
À la déchetterie

Midi, contre toute attente

Meublé d’un ban de
Pensées tournoyantes, petits
Poissons d’argent,
Désert des
Tartares
Souvenir,
« Et ruchements
Dans le pansu » »©
Fish and chips
À Gibraltar

Sur mon temps de travail

Crinolines de plage
Menus objets, coquillages
Qui tendent le cou
Et la poussière vers
Le chiffon chamoisé jaune
Le soleil déboule
Sur l’étagère, sable
Tapé des talons
La marquise tournée
Dans un bouquet de bulots
Reprend la pose, mer
Un ormeau fige
La nacre de son eau, plizz
Tout baigne sous
Le coup de pinceau
Pointu
Et vernis

Au coeur du jardin

Idéalement
Dessiné hors-sol, sur un
Parterre d’herbes, de fleurs
À la craie,
Entre de hauts murs
De pierres sèches,
À l’écart de la rumeur,
L’ombre née
D’un grand arbre,
Ocellée
De taches de daim
Plus claires,
Immobiles,
Tant que la brise
Ne les fracture,
Vent léger
Parmi la foudre
Sans tonnerre
Des cris d’enfants,
Le damier, front
Ceint de sa couronne
Où pousse un coin
De pâquerettes,
La marelle,
Et le tracé
En arche
De son coin
De paradis

Le dos au mur

Les veines des hommes saignent
On rouvre les veines de charbon
Le ciel tousse et crève
Ses glaires, où s’engluent
Les habitants du ciel.
Pas de veine