ce que vos yeux vairons

« True colors »

Un nuage orangé
Accroché, ballon
À son mât d’amarrage,
Au bulbe ardoise
De l’édifice
Qu’il dore,
Rissole une lauze.

Le soir avance un pied,
Loin, la fin du jour, l’été.
Le nuage l’a passé, papillon,
Dans une roseraie pétrifiée,
Le rouge aux joues poudrées
De grès sablé,
Pollen,
À l’ocre, la sanguine.
Pistil qui s’étire, une flèche,
Le papillon, confondu
Par le rose, Rosarot,
Strasbourg
De Notre-Dame,
Buisson de remontantes anciennes
Palissées,
Carnations, tissu métis , fil à fil
De colchique,
Glycine
Pied d’heuchère sombre et brillant,
Fleur de violette
Au couchant.
Un dernier rayon
Et une écharde
De verre coloré
Étoile le vitrail
Crève le songe,
Le papillon retourne
Au nid,
Chrysalide, le nuage,
Qui se plie
À la règle du jeu,
Couleurs en pluie,
Drue,
Poncées
Jusqu’à la trame,
La transparence
Naissante,
Feuille de papier,
Qui n’est plus qu’épair,
Toile d’araignée

Midi, jusqu’à la fin

Morceau de pain à
Côté de l’assiette. Pépé
Conclut son repas.
Les treize desserts
Ont été servis, plus un.
Jusqu’à la dernière
Miette

Midi, le meilleur pour la fin

Dans la pierre brute mate
Ébréchée, naissain discret,
Berceau d’une gemme

Robe de roche informe
D’un bis gris. À l’ouverture,
Vaste vasque à
L’ebru de nacre,
Couffin, palais des glaces
Irisées, siège
D’une perle

Midi, baume de l’antiquaire

Le corps restauré
Nourrit son intérieur par
Capillarité

Bouquet de la mariée

Au coeur
De toutes les attentions,
Le soleil d’un lys blanc
Couronne d’arums,
Un peu matrones
Qui tiennent,
Par leur main petite
Très petite
Un éparpillement
De marguerites,
Nuage
Nonpareilles,
Neige d’été,
Bruine de lait
Constellée,
De la gypsophile