ce que vos yeux vairons

Mois : juin, 2022

Petite faim

Lorsqu’il ne restera plus rien de la tranche
De pain
Il restera les miettes dont se restaurera
L’ oiseau

Midi, vin sobre

Le boulanger qui
Contente la seule personne à
Laquelle vend son pain

Ainsi en doit-il
Aller du poème. Nourrir
Une multitude
De sa mie nourrit
Ta vanité. Un lecteur
Seul, un seul suffit

Apnée

Torrent arrêté
Dans le bloc de glace, l’instant
Soustrait au temps, thé

Jpeg

Midi, still-life à la sauce hollandaise

Mâche ton herbe amère
Doublure blanche d’un zeste de
Citron. Nature morte

Midi. Paramount et par vaux

Les dinosaures ont
Prié. Le météore est
Tombé. Tout, plutôt
Que finir dans la marmite
D’un parc jurassique

Midi, banderille. Conte-candi du candide cailloux planté dans l’espadrille

Herbe amère, petit
Pois, ensevelie sous un
Matelas de sucre

Par monts et par vaux

Passés au jet d’eau
Les esses sanguinolentes
Chapelets d’entrailles,
Lait noir que la nuit
Fomente.

Va et vois, beaux
Ce séisme joyeux
Qui a dressé dans la boîte,
Sommets sous la neige
Des nuages, l’herbe
Fraîche, le visage du jour
Sous quoi, son meilleur jour

Midi vrai

Merveilleux jardin
De Traudel. L’enfant paraît,
L’aconit disparaît

Midi, vers le collecteur d’égout

La pluie y pousse des
Mégots jaunes et blancs, esquisse
L’instant d’une fleur,
Puis la dissout

Verre renversé

Résurgence de
L’accident, la tache rouge,
Délavée, rosit

Jpeg