ce que vos yeux vairons

Midi, sur le bout de la langue

Les grimoires sont faits
De matière illisible
Cuisiner les mots
(Juste ce qu’il faut)

Nouvelet de juillet, 3

Au bout du chemin du matin
Bande centrale vert de mousse
Latérales de pierre poussiéreuse,
Le soleil sur la nuque,
Ombre à la hache,
L’animal du mythe,
Tronc blanc,
Frondaison qui pousse
Le ciel vers ses limites,
L’arbre,
Haußer Tanne,
Chandelier
À une branche,
Le soleil qui point
Repose son étoile
Sur son front
Un instant
Et Noël se dissout
Dans la lumière
Qui s’étend,
Papier humide
De l’aquarelle,
L’été emporte
L’or
De son flocon

Nouvelet de juillet, 2

Le totem en gloire
Ciselé
Pierre dressée,
Bois,
Chouette Loup Aigle
Au commencement
De la forêt
A grisé,
Arrondit ses angles,
La taille s’efface,
Nombre des hivers,
L’écorce,
Arbre redevenue
Trouve sa place,
Une racine
Fait son sillon
Parmi les herbes
Folles sans nom,
Lentement,
Le rouge monte
Aux joues
Du loup,
Les deux oiseaux