ce que vos yeux vairons

Mois : août, 2022

Nouvelet de juillet, 3

Au bout du chemin du matin
Bande centrale vert de mousse
Latérales de pierre poussiéreuse,
Le soleil sur la nuque,
Ombre à la hache,
L’animal du mythe,
Tronc blanc,
Frondaison qui pousse
Le ciel vers ses limites,
L’arbre,
Haußer Tanne,
Chandelier
À une branche,
Le soleil qui point
Repose son étoile
Sur son front
Un instant
Et Noël se dissout
Dans la lumière
Qui s’étend,
Papier humide
De l’aquarelle,
L’été emporte
L’or
De son flocon

Nouvelet de juillet, 2

Le totem en gloire
Ciselé
Pierre dressée,
Bois,
Chouette Loup Aigle
Au commencement
De la forêt
A grisé,
Arrondit ses angles,
La taille s’efface,
Nombre des hivers,
L’écorce,
Arbre redevenue
Trouve sa place,
Une racine
Fait son sillon
Parmi les herbes
Folles sans nom,
Lentement,
Le rouge monte
Aux joues
Du loup,
Les deux oiseaux

Insaisissable

Les mots informes,
Anesthésie. Ainsi en
Va-t-il du poème,
L’embardée,
Au bout des lèvres,
In petto,
Chez le dentiste

L’expression de l’idée
Foulée au pressoir,
Grains et rafles,
La fulgurance,
Comète d’une image,
A l’espérance de vie
D’une petite tortue
Sortie de l’oeuf
Une nuit de pleine lune
Sur une plage

Midi, disette

La guêpe se serre
La ceinture, affine sa taille
De guêpe, dînette

Derrière la fenêtre

Intimidante
Nuée de guêpes, le jardin
Par elles confisqué

Un chat est un chat

La poésie, sans jubé.
Son clergé, réduit
À sa plus simple
Expression,
Le vent nu est l’intercesseur.

Imitation du chant,
Les mouvements du coeur,
Cet oiseau qui bat sous les côtes,
Contamine jusqu’à la main qui écrit
Et tressaute,
Peau à peau,
Passent les mots,
Calque,
Travail de l’esprit
Jusqu’au territoire
Du noyau,
Ce pays à la langue
Sans équivalent
Petite musique
De l’idiosyncrasie,
Qui parfois fait souche,
Parle sans le ricochet
De l’accent,
À celui qui la lit

Nouvelet de juillet, 1

Elle déplace son campement
Le long, sur l’eau
Elle arrange les berges du torrent
Fait son lit le long du lit du Nil
Sous le couvert des arbres,
Elle pousse le ciel,
Bergère de libellules,
Vers le sentier coupant,
Les cailloux acérés
Brillent, silex au soleil,
Ne montent, noirs
Silencieux que les taons
Avides, tes bras nus
Entre le poignet
Et la manche longue,
À la chair tendre,
Le bourrelet,
Poinçonnés,
Leur impôt,
À la tête du client,
Du sang neuf,
Ta main gauche ne dit rien,
Trop tard,
Le flabellum
Des doigts
S’éparpille
Sur le vide

Sens unique

Lys de l’ombre lys
Dans la lumière, la Terre tourne
Histoire linéaire

Exemple d’île

L’automne dernier
Pain perdu d’un poème exhumé,
Son humidité
Ses dimensions de géant de ducasse, le rêve

La proue du Bellerophon,
Par la porte,
Comme un rostre d’espadon,
Le vent en sang,
Sur le buisson d’épines,
Mystère de la chambre
À la feuille d’or
Et le masque,
Les coulées de plâtre
Dans les cils
De l’homme qui dort
Plus loin encore,
Le Sud glacé,
Tu t’arrêtes,
Brisants,

Les poissons volants
Aux ailes nervurées,
Voile de jonque translucide
Verre de bergamote

Octobre 2021

Midi, petite pluie

Ploc sec, une seule goutte.
Front d’une guêpe, nez écrasé
Contre la vitre
Ivre, livre ouvert
D’une odeur de
Cuisine