ce que vos yeux vairons

Ma vie d’aubergine

Ne te gargarise
Pas de bons sentiments,
Tes mauvais penchants
Dépassent de sous ta bure,
Quelqu’un que je connais
Me tend un flacon,
Vademecum,
La bouche au savon,
Soeur-Anne-qui-râle-et-ce-n’est-pas-de-transverbération,
Un larron qui commerce,
(Scie de Jeeves, ce manque de foi est navrant)
Qui, Don Camillo,
Voudrait aussi sa voix
Onctueuse
Qui lui parle,
Dans la sacristie,
Mais qui ne lui parlant pas,
Fait sa linea,
Fait sa petite cuisine,
Mélange
Le je
Et le tu,
Poème à l’épice
Non pesée,
Feu grégeois
Qui brûle l’eau
Et le bateau
Libera me,
Qui ira,
De caca d’oie,
De vautours chauves,
En onciales
Prises dans les tiges
De la rue
Et de la berce,
Orner sa fresque,
À l’école,
En grande distribution,
Les colles,
Skol !
Tu vides sans trêve
Le fumier des stalles,
Le vomi couché sous un tas de sable,
Les paroles vomies,
Les notes, les notes,
”Qu’on lui coupe la tête, elle n’a pas sa calculette”
Tu tapes,
On se saisit de ta bonne main, et
Que cela fasse mal,
La harangue de ceux
Dont la transe est,
”J’enseigne, ton boulot, c’est ventiler »
Anne-the-ripper,
Rippeur
Vider les poubelles,
Ces tendres immobiles,
Qui puent,
Sans un mot.
Mais le grand air

Monde

Ni arbre
Ni oiseau
Ni corbeau,
Rupture conventionnelle avec
Hejnal,
Ne dis rien,
Chemin de la neuvlangue,
Dis que tu as vu un salsifi voler
À travers la cuisine sans croasser
Arbre à came, les forêts ont brûlé,
Le ciel, de quelle couleur,
Les volets sont baissés
Interdiction d’abuser
De la machine à lazurer
Les nuages,
Laisse les gondoles
À Venise
Et l’azur
À Paul Valéry,
Parole de Jeeves

Profils de médaille

La couleur de l’eau
Quand tu as lavé les sols,
Ton odeur
Quand tu as lavé les sols
Aux aisselles,
Oncle Ho,
Chat figurant
Attitré du poème,
Qui d’un signe
Abrège tes explorations
Monde de sa toison,
Du caractère céladon
De ses yeux,
Jeeves dirait
Hôtesse d’une bla-bla caisse,
Le chat a chaud,
L’eau dans le seau,
D’un lagon
Boueux,
Jeeves coupe la poire en deux,
Je coupe l’eau sous la douche,
Le chat,
L’herbe grillée sous ses pieds
Fait son Evelyne Dheliat
Et son sentencieux
C’est bon pour la planète
Attend d’être brossé,
Un coup d’oeil sur le thermomètre
Dans le sens du poil.
Arts ménagers

Poème en essuie-tout

Les yeux de Jeeves
Se dédoublent, petite
Peau de l’eau, en loupe,
Ci-dessous, en gouttes
Ce que fait le soleil,

Sève sur votre joue,
À C.

Jpeg

Passage de témoin

Si tu rencontres
Assis au coin d’une rue
Un mur à visage humain.
Tu es sans ressource,
Il n’a pas de main,
Derrière la cloison,
Où sont les viscères utiles,
Lui ne cache rien,
Tu lui parles,
Il fait fronton de son front,
Te renvoie la balle,
Il avale la pièce
Que tu glisses dans sa bocca
Qui tombe,
Passe ton chemin,
C’est une bulle
Et son monde
Pris dans de la brique,
Prière à un dieu et demi
D’occuper le terrain

Lecture

Une mouche minuscule
Des eaux stagnantes selon Jeeves
Trottine sur les motifs de la nappe
Aussi larges qu’une assiette
Service, nénuphar Victoria,
Je pense pour elle
Elle a cet air de bijou
Que l’on pourrait
Porter sur le lobe
De l’oreille
Sur le journal,
Je relie
Les mots sur lesquels
Elle s’arrête,
Monde de sa langue
Par saccade.

Dilatation

Une lame de plancher
Craque et s’étire,
Un premier soleil passe sa cire,
Microsillon,
L’aiguille dépoussière
La chanson
Septembre tourne,
Les tout petits grains
De raisin de Meuse
Noirs de Jeeves,
Bouton de bakélite,
Un air de Bix Beiderbecke
N’irait pas mieux avec

Après la grêle, le ciel se tient à carreau

Sur le chemin de la grêle, la peau