ce que vos yeux vairons

Cuisine d’été

Santiago
Sur son chemin de Compostelle
D’eau et de nuit
Confondues
Au même noir,
De sa coquille de noix,
La bulle qui
Monte vers le ciel,
Groseille à maquereau
Translucide,
Lune rosée,
Aux méridiens
Marquės d’un filet,
Forêt Noire,
Je fais cuire des pâtes
Penser déjà
Aux olives violettes
Qui en parsèment
Les écheveaux,
Comme autant
De paires d’yeux
Améthyste,
Les flux d’huile
D’olive
Coulent de la rigole
Qui se forme
À l’hémistiche,
Entre deux pages
Des miscellanées
Ventrèche
Du thon
En boîte,
Dans le jardin,
Près du torrent,
Le pied d’origan,
Le basilic
Aux feuilles
Aussi douces
Qu’une joue
Qui sort
De la vapeur tiède
Du bain

L’hameçon

Le Vieil Homme et la Mer
Déployé en Forêt Noire
Nouvelet de juillet oublié,

Ainsi que ce livre animé
Qui ouvre sa roue de carton
Coloré,
Hansel et Gretel,
Je suis Hansel
Des yeux
Qui avance à la sorcière
Un os à lui faire tâter
En lieu et place de son bras
En chair,
Je tire sur la languette
De papier,
Je tire la langue
À l’ogresse châssieuse,
Au couvert de ma chambre
Aux rideaux roses,

Faire durer
Le livre,
Mince,
L’enduire de salive
Quignon,
Plus que la bouche
Ne peut en contenir,
Peser
Soupeser
Chaque mot
Enveloppé dans une feuille,
Lapidaire d’Anvers mystérieux
Qui couve sa pierre,
Faucon au chaperon
Le dérouler,
Comme si à lui
Seul,
Il était rouleau
Celé
Dans un grand parchemin,
Revenir en arrière,
Là.
Il parle à mi-voix
Au poisson
À l’oiseau
À sa main
À sa main !

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