ce que vos yeux vairons

Mois : septembre, 2022

Jeeves, je crois que j’ai trouvé

Les murs sont de papier !
La maison d’à côté-côté
Ne se remplit pas
D’étagères,
Murs couverts de tableaux,
Ce bruit mat et doux
En saccade,
Qui s’interrompt
Et reprend
Après un temps,
Aux heures de bureau,
Au calme du soir,
Parfois,
N’est pas coup
De marteau,
Je crois que
La dame,
Plus haut
C’est comme si je la voyais
Assise
Dans une lumière douce,
Brins de laine,
Petit couteau,
Devant son métier,
Écriture,
Ligne,
Après ligne,
Tactactactactactac
La phrase tassée
Serrée
Pour le soyeux
Silence,
Est bergère
D’un tapis.

Cher Jeeves,

J’aime Maurice Poême,
Sa femme est Caprine
Son bercement doux,
Marcher à son pas
Qu’est-ce que l’objet
Poésie,
Ces jours-ci
Le jeu du lancer de l’anneau,
Des mots
Empilés
Aux quatre coins
Des tiges de bois
Comme des bagels,
Faire joli, séduisant, l’intelligent
Superposer
Une gemme
Un j’aime
Sur la corde
Piments d’Espelette
Tarabiscotée
Je rêve de toucher
Du toi,
De voir la tache verte
Du persil
Entre tes dents,
L’âme du violon
Qu’on joue
De la main droite
Et du pied gauche
De voir le chat
Sauter entre les cordes
De la guitare ouverte
Sur le monde
De Boris Vian

Logical Song

En ces années arides
Jeeves voudrait élever
L’arbre-rêve-fou
Qui ne boive qu’au sein
De la pluie
Sur le petit
Lopin de terre,
Je tempête
Flore poussiéreuse
Lavande
Laurier-rose
Cactus-cierge
Boule d’herbe
Roulant
Dans la sierra,
Film à l’abandon
D’une ville-fantôme,
Je crois à toutes les sécheresses
Jeeves voit les mondes
En couleurs,
Pétale de magnolia
Flamboyance
Van Eyck
De l’Homme Au Turban
Ainsi qu’un sumac
Au calme
De l’automne,
Bien sûr, avant cela
Rêveuse,
Le début d’Encelade,
À la fin de sa phrase,
Nous planterons
Des jarres
Aux quatre coins
De la maison,
Nous en soulèverons
Les couvercles,
Les jours de nuage,
Tu iras faire
Un petit tour
Dans ton antre,
Don Camillo,
Page ouverte
Du catalogue
Baumaux
Sur un bandit manchot,
Les trois cerises en rang d’oignon rutilantes
Bingo
Quelque chose
Fait tache d’huile
Ginkgo

Lullaby

On quitte ses parents,
On grandit
On quitte l’habitude
De leur dire qu’on les aime,
Comme si c’était un gros mot
Tu veux être grossier,
Mets ton coeur à poil,
Enfant nu
Sur la plage,
Rends-leur,
Ces années sans pudeur,
Oú ton poids
Pendu à leur cou,
Bisou !
Les faisait ployer
Avec grâce,
Aujourd’hui courbés,
Le coeur qui penche,
Je suis sûre que Jeeves
Y pense
Aussi,
Abus de langage,
User à nouveau
Du galet poli
Sans retenue,
Say you, say me
Du temps
Oú l’on n’était
Pas encore grand,
Le mot magique

Bonhomme de neige. Extinction d’une espèce

Jpeg

Orient-Express

Jeeves, lisant
Les nouvelles du monde,
Portrait

Jpeg

Oryx rouge

Jpeg

Musique concrète

Il vit
Sa manière n’est pas celle
D’une pièce d’eau de Monet,
Avec petit pont japonais
En défense d’éléphant rouge,
D’un étang
De petit poème japonais
Avec petits pas japonais
En forme de feuille de nénuphar
De sorte que la grenouille
Puisse à pied sec
Faire plouf.
Il a les pieds
Plantés dans
L’argile grasse,
J’en fais le tour
Avec mes gros sabots,
Je l’appelle Weiher.
Quand il fait beau,
Le paysage ressemble
Ci-dessous
Aux compartiments
D’un plateau télé,
Chou rouge
Au vinaigre,
Pour le violet
Du ciel bleu,
Soleil,
En tête
D’oeuf dur.
La grenouille
Fait du trempoline
Sur sa feuille
De lotus,
Et suggère
Bento !
Je rectifie au point de croix
xxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxxx
Et dis Benco !
À la batracienne.
Les Allemands
Ont un air
Japonais désentravé
Lorsqu’ils marchent,
Socques, socquettes blanches,
Birkenstock.
En littérature,
Mon film
De tous les temps
Est
Le Magnifique.
Doncamilloter
Un peu dans la sacristie
Samedi,
Au mariage de François,
J’aimerais
Que Jeeves
M’invite
À danser

Jpeg

Le coeur sur la main, la main à la poche

Tous les matins,
Je soulève le volet,
Le couvercle,
Quelque grains
Dans l’encensoir,
Oncle Ho mange
Evidemment j’attends
Qu’il me contente,
Oliban,
Des effluves
De son ronronnement,
Mes croquettes valent de l’or,
Verroterie de son grognement

En contre-partie

Le S.A.V.
De la sacristie fait bien les choses,
Joue sa partie
Me voici femme de l’intérieur assise
Sur son tabouret bas
Cinquième cycle
De la machine à laver,
Peu sale.
Filtre obstrué,
Filtre dégagé d’un amalgame
Boueux
Cycle relancé
d02 clignote,
Rouge, l’oeil de Cyclope
Répète son message
Mise en défaut.
L’horizon est bouché,
Aller au fond des choses,
Jusqu’au bouchon de fibres
Emmêlées derrière les ailettes,
Plonger les doigts dans la fange
Vidange,
Le chat dans mes pattes
Veut manger,
La serpillère gonfle,
Des choses aussi,
Dans mon jabot de pélican,
Cycle-du-chat-qui-a-faim-quand-je-n’ai-pas-le-temps
Surveille la machine, pendant que je remplis ton bol
Le chat me regarde, ne me dit pas que je suis bête,
Qu’il est un animal de compagnie sans compétence
De dépannage,
Exactement comme toi, sussure-t-il, chat méfiant, tout bas
La sacristie s’en mêle
Ton admirable côté ”troc”….
Jeeves perd son porte-monnaie,
Je regarde le filtre qui vibre
Dans son petit logement,
Un ergot est cassé,
Chanter un Tantum Ergo
Pour charmer la sacristie ?
Et calmer la tempête
Qui fait rage .
Je pense à ma pomme,
La machine à laver le linge qui déconne
Et Oncle Ho qui attend,
Les couverts à la main.
Et le souci de Jeeves,
Carte de crédit ?
La sacristie m’a collée
Devant la machine
Sur un petit banc
Au ras des pâquerettes,
Banc de nage
De la chiourme
Devant la Vedette
Du jour,
Avec du temps
Plein les poches
À dépenser.
À penser à des choses,
Des chats et des hommes,
La machine s’arrête
Franchit la ligne d’arrivée,
Sans que j’aie à écoper.
Si je dis merci
À la sacristie,
Va-t-elle croire
Que je la paie
De quelque chose,
Salve