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Le boustrophédon sinueux
D’un animal de trait
Le pied, le doigt suivent
La ligne
Tu reconnais
Chaque aspérité du chemin
Tu ne manques rien
Du lacet arpenté cent fois,
Ce poème dont tu élimes
Les coudes, les genoux
Du vêtement
Tu y reviens souvent,
Tu fais le plein
De gazoline,
Alice et le vase de Chine, petit enfant,
Et puis soudain,
L’entorse
À l’habitude,
Ton pied dévie
Du droit chemin
Lecture du pavé
Moussu de la traboule,
Tu laisses
L’artère
Pour la veinule ombreuse,
La venelle au linge pendu,
Aux oriflammes,
Monde en réduction,
Une bronchiole
Au cœur du poumon.
Tu ricoches,
Galet à cloche-pied,
Qui passe,
De pas japonais
En pas japonais,
Tu lisses
La branche d’aliboufier
La main posée en transparence
Sur celle de
La Princesse Errante.
Stolperstein.
L’intérieur d’une joue en sang,
La marche tremble comme une feuille.
Mais le soleil au bout du boyau, une bougie qui fume
Lavent les miasmes, l’encens, tous les baumes
Tu secoues la tête, percheron placide
Qui chasses le cheval de cauchemar de Füssli,
Les volutes d’opium,
Contre un verre
De vin doux