ce que vos yeux vairons

L’île au trésor

Tu lis.
Dans le poème
Un mot t’entraîne
Vers un autre,
Monôme
Et c’est comme
Si tu descendais
L’échelle
De corde
Du vertige
Vers le fond
D’un puits,
À la recherche
De la minuscule
Piécette de lumière,
Où se condensent,
En un globe de dentellière,
Point bleu,
Point or,
Un jour d’été
Et le ciel
Dans son entier
Scruter fixement
Telle fresque
Pour faire remonter
Entre les racines
De la surface
Le sortilège
Le dessin
Celé
À dessein
D’une bataille
D’Anghiari

Le matin

Jpeg

Un de plus, un de moins

Ne dites pas cela.
Mon monde est si petit
Que s’il venait à manquer
L’un de ses habitants
Qui m’est cher,
À l’instant,
Il ressemblerait
À la bouche
D’un enfant
Dont une dent de lait
De devant
Viendrait de tomber.
Les doigts d’une main
Multipliés
Par trois fois rien,
Voilà la mesnie,
Jeeves,
La famille,
D’un ou deux amis,
Qui fait s’emballer
Mon coeur.
La liste menue
Des éléments
Que je mets
Dans la maie
Où je fais pousser
Mon pain.
Une goutte d’eau
Pour chaque grain,
Ni plus,
Ni moins
Sel de la pluie
Qui se met en quatre,
Qui fait lever
La première feuille
Du carré de luzerne,
Le beige de chair translucide
En forme de feuille d’endive,
Oreilles aux aguets
D’un garenne
Égaré,
L’hospitalité,
Le couvert,
Le gîte,
À la peau tiède
Du Lièvre
De Dürer,
La rosée
Sur son petit nez,
Qui bat
La chamade,
Tu avances
Une main
Il disparaît !


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