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par marronbleu

Mirage de la langue
Venise évanescente, Kitège en fata morgana lacustre, ondoie, blanche
Être du matin
Sous la coupe d’un soleil d’étain
Sans un bruit s’asseoir sur le rebord d’un cil recourbé
Mais, de l’attention,
Vertige,
È pericoloso sporgersi.
S’aligner,
Le devenir d’un tout petit point
De la mire
Sur l’espace fuligineux,
Turner peint.
Plonger le long
De son regard
Sous les apparences,
Palazzo en lévitation,
Le fond de la lagune.
Le soutènement,
Les pieux,
Les madriers noirs,
La forêt pétrifiée,
Le front de taille,
Les haveuses,
Les jambes qui battent l’eau
De la natation synchronisée,
Six nageuses dans l’ombre,
Pour le jaillissement
D’une sirène luisante
Dauphin qui retombe
Avec les applaudissements.
Les fondations rondes,
Jarrets de taureau,
Et cous d’Atlante
Le long desquels
Court un petite
Gazelle
À peine née,
Qui ira couronner
Le cimier
D’une tour
Catalane
D’une étoile de verre soufflée rouge,
J’ai raflé
Des mains de Jane Katherine Hepburn Hudson
Son gobelet
Ensuite.
Le plus délicat,
Faire tenir tout cela
Sur la pointe des pieds,
À côté
Du Sacré-Coeur,
De la Statue de la Liberté,
De la gondole,
Des chats qui ont
Un peu froid sur la piazzetta,
C’est toujours l’hiver
Dans ces boules de neige,
Dont la neige ne fond pas,
Mirage
Secouer doucement,
Éveil de Jeeves