La terrasse à grande eau
Le parquet de la salle de bal coud son point de Hongrie
Sur le pont d’un bateau
Le clapot de l’herbe sous le ponton
Ses reflets Veronese et les mousses glissantes
Sur les lames à l’ombre, oú valsent
Les danseurs, les mousses au pied peu sûr,
Les deux ronds de sorcière plus clairs,
Où les chats passent le plus clair du jour,
Les beaux jours,
On frotte
L’eau à haute pression cingle
Les nœuds en nuage du bois
Révélés,
La lumière en pinceau
Sur les cernes soyeux de son astrakhan,
Le bois mouillé est d’un ébène profond
Demain, le soleil, nous le savons,
Lui rendra son auburn châtaigne séchant
Puis l’éclaircie sur la chevelure,
Les planches de hêtre en bandeaux
Autour du visage,
Blé à l’ombre.
La terrasse,
Peignée,
L’hiver-bourrasque
Lui rendra
Sa figure de folle,
Feuilles mortes,
Coulures vertes,
De Hollandais Volant,
De ponton roulant
La rabane de son tréteau
Sur un étang
Sans fond