ce que vos yeux vairons

Le jardin

Origamie

Tutu au plissé
Soleil,
Je débarrasse
La table
Je contemple, de chacun,
La façon d’avoir lissé,
Ou non,
L’étui de papier ciré
De son muffin aux pommes.
Je parle,
Vestiaire des petits coryphées
Abandonné
À l’heure tardive,
Les miettes,
Les jonchées
De la conversation
Dans le miel
De la lumière d’automne

Amie

Diatribe guerrière,
L’air du temps.

Isabelle m’enchante
De plis canon
Sort sa surjeteuse en pensée
Explication du réglage
Enigma de la machine,
La Tarasque sur le Rhône
Et les deux villes en miroir
Sur l’eau,
La dentelle au cent fuseaux
Sur le tambour qui courent
Comme les rubans autour
D’un arbre de Mai
Ses mains sont deux oiseaux
Effilés, ceux de Folon
Dont le parcours en ciseaux
Jamais ne rompent le fil
Je renonce à saisir les méandres des circonvolutions en accent circonflexe
La cataracte des gestes qui soudain ralentit,
Tu as compris ?
Je lui demande comment elle trouve mon gâteau
J’ai freiné sur la cannelle,
Elle qui est tout anis

Cendre de glace

Os de seiche et encre de seiche
Nuit blanche à Seattle
Réflection des sapins
Sur les frères
Du versant
Outre-Rhin
Le prénom
De la forêt
Varie,
Vert
Et son contraire,
Ubac
Et adret,
Deux pans
En Janus
Siamois
Reliés
Par le chemin de crête
On tourne autour du pot
Tabou,
Le mot à la mine de crayon,
On brode
La doublure du blanc,
Fourrure de vair
De petit-gris
Ombreux
Le soir
Bleu s’abysse,
Les volets tombent