ce que vos yeux vairons

Hivernage

Le temps se couvre.
Ajouter à la liste de courses,
Des boules semblables à ces Meisenthal à oiseaux
Piquées de graines
Les suspendre tout au fond du fouillis des branches
De l’arbre à coings,
Pour les minuscules mésanges.
Prévoir pour les goliards et rusés corbeaux
Qui en un rien de temps
Ont appris à déchiqueter les minces filets verts
Et emportent la nourriture des petits oiseaux
Des collerettes de tôles,
Ou de carton,
Moins perçantes
Que ces fraises élisabethaines,
Pour la leçon,
Un peu à la façon
Du Lièvre de Vatanen

Temps radieux, point météo

Il pleut
La voiture étant ce qu’elle est
Et étant donné le prix au litre de l’or noir versé à ses chevaux-vapeur,
Et le nombre de villages soudés bord à bord,
À fendre d’un pas de sénateur,
Calculer,
L’index au vent,
En ayant pris soin de consulter la carte des précipitations annoncées,
L’heure de départ idéale
Pour arriver à se saisir
À l’hyper
D’un caddy
À la poignée
Sèche,
Archi-sèche,
Jour honni
Des courses

Sous cape

Jeeves
À la recherche de sa poche intérieure,
Fait les poches des parois,
Dextre et sénestre
De sa veste,
Envolée,
Le besoin d’y glisser
Son viatique du matin
A cousu
L’ustensile désiré
À gros points,
Le souvenir créé
À l’instant,
La main tâtonne,
Montre le rectangle plus clair,
Comme ceux des fondations de ces latifundia
Disparus dans les champs de blé
Dont on aperçoit le rectiligne
Au moment des andains,
Si l’on prend place
Dans l’osier de la corbeille
D’un ballon,
Par temps calme,
Et clair.
Un ange passe…
Dans la rue,
Au bout de la longe
Qu’étire la course dynamique
D’un granite gris,
La dame au husky
Vole derrière
Son chien,
Les feuilles en assiettes
À dessert
Des platanes
Sur la place
De la poste.
Le vent.
Le jardin est plein
Des ailes de Jeeves
Qui sèchent,
Sur le fil,
Lessive d’ange
De mauvaise foi
En quête d’une poche
Qui n’existe pas.