ce que vos yeux vairons

Dix-huit heures

Au magasin des accessoires
Retirer une voix onctueuse et feutrée
Laisser dire
« En panne de manne ? »
« Pas assez de panacée ? »
« Ambroisie zy-va, non, elle ne l’a pas dit »
Devant le désert de Gobi du Frigidaire,
Rub al-Khali polaire
Jeeves prend sa voix de baryton-Jeeves
« Il reste un oeuf »
Je sors mon plateau à carreaux, mes courtes-pailles truquées, ma pièce à simple face
« Les blancs commencent » sussure la voix désincarnée
« Honneur aux dames affamées » abonde Jeeves
Je sors une aiguille à broder,
La réalité,
Un enjoliveur,
À enjoliver
Un trou,
La glaire gobée,
Le jaune, pas de quartier,
Le bébé suit avec l’eau du bain
Jeeves rit,
Fait honneur à sa couleur

Confiture, précurseur

Elle, totalement
Fraise. Demander au primeur
Une barquette d’écume
De garriguette

Tapis tapi, rose

Le vent dans le dos

Voilà le printemps
Les cheveux blondissent
Lazure ce qui montre page blanche
Boulette de pain bis, le moineau fait la mésange
Les carrés de terre gris,
Le feu à l’amorce,
Les perce-neige
Au pinceau
Redressent la tête
Splash, du chapeau maculé du tour de magie,
Des coulées poussin de jonquilles
D’entre les sapins,
Un peu fleur bleue,
Une gentiane dore
D’un côté,
Reflet penché
D’un narcisse des prés.

Rien ne change,
Le vent
&
La pluie
Gauchissent les gens
Maintenant,
Le beau temps,
Le papier peint
Le teint de rose
Prêt d’éclore,
Le gibbeux,
Des épaules déjà
Les semis,
Sur les robes
Terreau de
De jeu,
Bouquets couchés
Sous la bise,
Avec un R,
Ça adoucit,
Redresse
Les tiges coupées
Des fleurs,
Qui cassent
Lenteur
Du mouvement