ce que vos yeux vairons

La rencontre

Papier glacé,
Qui renvoie le regard,
Fronton de jaï-alaï martelé,
Mais que rien n’entame,
Une paire de crampons
Ne le rayera.
Illustrations hiératiques,
Bloc de marbre exsangue,
Nulle veine n’y bat sous la surface,
Même grise,
Carrare  gâté d’une varice
Lecture en billes de mercure,
Qui se disperse,
Et roule jusqu’aux bords
De la page,
Porte close.

Petit gâteau sablé
D’une conversation,
Qui absorbe tout du café,
Sa chaleur
Son goût
Ses bons mots,
Qui capte l’air tiède
Et doux à la bouche.
Nouvelles à siroter,
Ces choses en plan-relief
Qui apparaissent
Disparaissent
Au gré du courant,
Tout est terre meuble
Tout est pénétrant,
Joyeuse osmose,
Les rôles roulent,
La parole,
Est une membrane
À la gaze si fine,
Miroir au tain diaphane
Qu’il laisse sa chance
À celui qui parle
D’atteindre,
Sans ricocher sur soi,
L’ombre de l’autre
Celée derrière
L’ovale de
La psychée

Bateau sur l’eau

Année-lumière

Partage du jour.
Sur les cendres de l’une
L’autre a bâti son berceau,
11 novembre,
Comme s’il était impossible de dételer de la furie
Sans devenir fou,
Freiner à mort au bord du précipice
Ne sombrer pas
Au bout de la pente
Cauchemar de Füssli
Passé par le Palais des Glaces,
Les masques grotesques
Les expressions expressionnistes,
Le Carnaval,
Moins mangeur de chair,
Boucherie chevaline
L’usine à gaz des usines à canon
De la Guerre Grande,
Les têtes à l’envers
De l’eau a coulé sous les ponts,
Les ponts enjambent des regs
Des mémoires sèches
Un jour à marquer de la pierre
D’un bouquet de fleurs
Un jour à planter des arbres
À relever les commissures des lèvres d’un masque qui pleure
À adopter le souvenir d’une gueule cassée à l’extrême
À retrouver dans le tumulte sa tombe,
L’un des points de croix blancs alignés sur la colline calme,
À l’ombre des saillants
Le sans-famille depuis longtemps,
Lui dire en un murmure
Que tout cela
C’est du passé,
Sans lui mentir,