Année-lumière

par marronbleu

Partage du jour.
Sur les cendres de l’une
L’autre a bâti son berceau,
11 novembre,
Comme s’il était impossible de dételer de la furie
Sans devenir fou,
Freiner à mort au bord du précipice
Ne sombrer pas
Au bout de la pente
Cauchemar de Füssli
Passé par le Palais des Glaces,
Les masques grotesques
Les expressions expressionnistes,
Le Carnaval,
Moins mangeur de chair,
Boucherie chevaline
L’usine à gaz des usines à canon
De la Guerre Grande,
Les têtes à l’envers
De l’eau a coulé sous les ponts,
Les ponts enjambent des regs
Des mémoires sèches
Un jour à marquer de la pierre
D’un bouquet de fleurs
Un jour à planter des arbres
À relever les commissures des lèvres d’un masque qui pleure
À adopter le souvenir d’une gueule cassée à l’extrême
À retrouver dans le tumulte sa tombe,
L’un des points de croix blancs alignés sur la colline calme,
À l’ombre des saillants
Le sans-famille depuis longtemps,
Lui dire en un murmure
Que tout cela
C’est du passé,
Sans lui mentir,