Penchés, en tablier
Blanc
Sur celle qui gît
Sous son drap.
Ses coins inférieurs,
Nus
Écaillés.
La vigne rouge
Et son embrasement
De laque,
Un doigt
Au vernis rongé.
Il va le premier
Officier,
Redresser
Les quatre bouts
De bois,
Branches dépouillées
Du coffrage de guingois,
L’encadreur.
D’une pierre d’agate
Dont il va poncer la peau
Miellée,
Le doreur.
Dans la salle d’attente,
J’attends.
J’ai porté en urgence
La fenêtre
À encorbellement,
Son incendie,
Son cuir de Cordoue bourgogne
S’amincit,
Novembre joue les pompiers de service,
Je confie son feu mourant
À deux pyromanes,
Je prie,
Pour un sursis
Au matin
Sur la terrasse
Où ils naviguent de concert,
Faisant le pied de grue,
Oncle Ho et son acolyte,
Gris blanc
Noir blanc,
Belges,
« L’union fait la force »
Quand il fait froid,
Guettent le lever de rideau
Du volet,
Et à l’instant-thé,
Posent la patte
Sur le rond de serviette.
La journée, la fourche
Chacun va son chemin,
Communauté réduite aux acquêts.
Chacun pour soi,
Oncle Ho à la capitainerie,
L’acolyte ratisse
D’autres râteliers
Dans sa Caraïbe
Proche.
Le soir,
Comme au matin,
Le marin,
Et le marin d’eau douce
Se rejoignent sur un point,
Celle qui écrit
Égale celle qui tient la friterie.
Le volet va se baisser,
La nuit va tomber,
La pâtée.
Les deux appâtés,
Dupond et Dupont,
Tuxedo,
Cocktail,
Montent la coupée,
Gamelle,
Point d’eau,
Lions, et autres fauves
À œil de biche,
Gazelles,
Sur la passerelle
Champs d’orangers nôtres
Que le jour moissonne,
La nuit se retire
Alignement des lampadaires
Auxquels l’on coupe la chique,
Un dix à cinq
De cape d’invisibilité
Jetée sur tes épaules,
Rue.
Art de l’occultation
Du black-out appliqué
Un carat d’électricité
Au prix de l’or,
Les pigeons sur les câbles
Immobiles
Ont froid aux pieds.
Mais le ciel.
Une ombrelle de soie de rose noire
Mangée aux mites,
Toutes ces piqûres
Par lesquelles
Se coule la lumière
Lointaine
Des étoiles.
Réapparu en gloire nocturne.
Temps de la lampe à huile
Du brandon de mousse incandescent
De la Guerre du Feu
La guerre
Terre brûlée, le jour
La nuit est véritablement ténèbres
Monter par la route du vertige du gouffre des sapins noirs du 11 novembre vers le Vieil Armand, les pénitents