Ils prennent leur temps.
Pour percer l’épaisseur de l’océan,
Volètent,
Flocons dolents.
Quand une comète en cheveux
Plonge son fer rougi
Dans le baquet du forgeron,
C’est l’alarme,
L’empressement
Autour de l’étoile
Tombée
Qui laisse un trou
Sur le ciel,
La poignée de sable
Sur son corps chauffé
À blanc
Devenu verre,
Matière opaque,
Et tiède,
Il a neigé
Du sucre cristal
Jusqu’au fond
De la mer.
Sous sa courtine
Que rien ne trouble,
Elle dort,
Astérie.
Les volets
Sont ouverts
Le plateau est une étoile,
Dont nous occupons trois pointes
Je suis au bord du dédale
Bernard l’ermite,
Qui plonge le poing
Dans un bol de Triangolini,
Pour se donner une contenance.
En face,
La ferme, la plaine, le bicorne,
L’attente
Charge de la brigade légère,
Réécriture de l’histoire,
Qui arrive
À point nommé,
À chaque fois.
Je ronge les points noirs du sésame
Je répète ma transe,
Le jeu, c’est du crochet, du tricot de pull irlandais avec motifs
Trouver la ligne droite brisée, le chemin sinueux,
Le tors, le retors, le virevoltant de la valse
J’y crois comme un parieur aux yeux vrillés sur les tours du gobelet
Matière à illusion du bonneteau
Je suis Bernard l’ermite pesant,
Tortue lente
Face à deux faons
Halma, ma plaine du Brabant
J’avance un pion, comme un pied dans un bain brûlant
Mère de Jeeves, Jeeves éblouissants
À la fin de la partie
Je compte les coups surnuméraires qu’il m’eût fallu épargner
Les pions disséminés abandonnés
Par une bergère désordonnée,
Pour arriver en face,
Dans la pointe opposée du plateau
« Pour construire ta maison »
Ô jolie image de l’élévation
Quand je piétine dans les cendres,
Les bêlements,
Le marais de ma morne plaine,
Stratège du dimanche.
Le sel du bol de bretzels, ma consolation,
Que me tend,
En observateur indulgent,
Mon silencieux aide de camp,
Père de Jeeves
Faible feu grégeois
Sous la mousse de la vaisselle
L’abeille se débat
1719, Leopold Mozart
1740, Johann van Beethoven
Deux dates de naissance
Le bouquet aux tons doux,
Qui repose dans les larges mains
Des feuilles de figuier,
Barbotine vernissée,
Dans sa bulle d’eau,
Au moment de l’au-revoir,
J’ai dit que je donnerai
Des nouvelles des fleurs,
Et du Bouquet
Le plus cher,
Aux yeux d’une mère,
Jeeves.
Bonhomme-patate
Ovoïde,
Corps couvert
D’une fourrure verte,
Tressage de pagnes de fibres
D’apparat,
Cérémoniel,
Primitif,
Tête couverte d’un masque Dogon,
D’un carnaval, peau de mouton
Et rugissement du Tschäggättä,
Des brins de laine
Collés à la volée
Et qui durent,
Le petit quai Branly
Intime d’une mère,
Accroché depuis la nuit des temps,
Œuvre première d’un enfant,
Dans la chambre,
L’empreinte fonçant au fur et à mesure,
Du cadre sous-jacent sur le mur
Donne la mesure du temps
Nulle règle,
Nombre d’or,
Jeu de perspective
L’expression d’avant l’alphabet
Le dessin sans sous-titre
L’extraction spontanée
Sa vitalité,
Comment la reproduire
Quand,
Combien de fois
L’écriture se fendille-t-elle
Pareillement
Et crève comme un fruit mûr,
Jus dense de l’état de grâce
Les phrases à la fourche
En fagots entassés dans l’alambic,
Pour un filet d’absolue,
Poème