Hier midi
Jeeves confucéen
Nos quatre têtes blondes
Blanches réunies
Jeeves confucéen
Nos quatre têtes blondes
Blanches réunies
Juste une poudre en suspension
Du sel de mer fin,
Mais les embruns sont d’ici,
Gris, fumées de la cheminée,
Qui déroule calme le rouleau de son Zan,
Pas une once de vent,
Pas une couleur plus haute que l’autre,
Il n’y a pas pas de bruit, dimanche-silence
La rue, le doigt-chut sur la bouche
Pas de coupelle à fond bleu en forme de ciel, nuage de lait, rondelle de citron pour mimer le soleil
Il n’y a pas de temps,
Définir cette sensation ficelle, coton gris du corps du jour qui pose un pied sur le tapis, la tête dans les brumes
Papier glacé,
Qui renvoie le regard,
Fronton de jaï-alaï martelé,
Mais que rien n’entame,
Une paire de crampons
Ne le rayera.
Illustrations hiératiques,
Bloc de marbre exsangue,
Nulle veine n’y bat sous la surface,
Même grise,
Carrare gâté d’une varice
Lecture en billes de mercure,
Qui se disperse,
Et roule jusqu’aux bords
De la page,
Porte close.
Petit gâteau sablé
D’une conversation,
Qui absorbe tout du café,
Sa chaleur
Son goût
Ses bons mots,
Qui capte l’air tiède
Et doux à la bouche.
Nouvelles à siroter,
Ces choses en plan-relief
Qui apparaissent
Disparaissent
Au gré du courant,
Tout est terre meuble
Tout est pénétrant,
Joyeuse osmose,
Les rôles roulent,
La parole,
Est une membrane
À la gaze si fine,
Miroir au tain diaphane
Qu’il laisse sa chance
À celui qui parle
D’atteindre,
Sans ricocher sur soi,
L’ombre de l’autre
Celée derrière
L’ovale de
La psychée
Partage du jour.
Sur les cendres de l’une
L’autre a bâti son berceau,
11 novembre,
Comme s’il était impossible de dételer de la furie
Sans devenir fou,
Freiner à mort au bord du précipice
Ne sombrer pas
Au bout de la pente
Cauchemar de Füssli
Passé par le Palais des Glaces,
Les masques grotesques
Les expressions expressionnistes,
Le Carnaval,
Moins mangeur de chair,
Boucherie chevaline
L’usine à gaz des usines à canon
De la Guerre Grande,
Les têtes à l’envers
De l’eau a coulé sous les ponts,
Les ponts enjambent des regs
Des mémoires sèches
Un jour à marquer de la pierre
D’un bouquet de fleurs
Un jour à planter des arbres
À relever les commissures des lèvres d’un masque qui pleure
À adopter le souvenir d’une gueule cassée à l’extrême
À retrouver dans le tumulte sa tombe,
L’un des points de croix blancs alignés sur la colline calme,
À l’ombre des saillants
Le sans-famille depuis longtemps,
Lui dire en un murmure
Que tout cela
C’est du passé,
Sans lui mentir,
Les temps de la glaise
Du feu d’artifice
Et des gerbes d’étincelles
Chacune imprime sous la chaussure
À haute tige
L’étoile d’une constellation
En rang de marche,
Le clou,
Après le clou,
Au cordeau
Qui empêche de glisser
Dans la boue.
Mais de sombrer,
Quel garde-fou.
Le brouillard
Un Eldorado
Gris, faubourgs et murs, loin, hauts
Yeux sans Visage,
À toutes les fenêtres
D’ 1 9
Tirer la languette
Et la bobinette cherra
Dinner for One
En tout et pour tout
Omelette pour beaucoup