ce que vos yeux vairons

Mois : novembre, 2022

Oeillets roses

Écrin, deux velours

Gris souris foncée
Crayon gras
Pas tout à fait rat
Le ciel de novembre bas
Au ras de l’horizon éclairé,
Comme par une fente
L’hésitation du soleil avant la pluie mate,
Puis brillant comme un tesson de bouteille fumé,
Avant que la mer ne le sable, Lalique dispersé,
La définition longue de la nuance,
Un Inuit pourrait tenir le temps d’une nuit polaire à t’entretenir des rhésus de la neige,
Un mineur du très fond le fera de l’obscurité,
Ces suies de crassier, ombre de lièvre, en fourrure d’hiver,
Ces deux couleurs épaule contre épaule, qui étreignent toutes les autres dans l’arceau de leurs bras, et s’éteignent

Dix-huit heures

Au magasin des accessoires
Retirer une voix onctueuse et feutrée
Laisser dire
« En panne de manne ? »
« Pas assez de panacée ? »
« Ambroisie zy-va, non, elle ne l’a pas dit »
Devant le désert de Gobi du Frigidaire,
Rub al-Khali polaire
Jeeves prend sa voix de baryton-Jeeves
« Il reste un oeuf »
Je sors mon plateau à carreaux, mes courtes-pailles truquées, ma pièce à simple face
« Les blancs commencent » sussure la voix désincarnée
« Honneur aux dames affamées » abonde Jeeves
Je sors une aiguille à broder,
La réalité,
Un enjoliveur,
À enjoliver
Un trou,
La glaire gobée,
Le jaune, pas de quartier,
Le bébé suit avec l’eau du bain
Jeeves rit,
Fait honneur à sa couleur

Confiture, précurseur

Elle, totalement
Fraise. Demander au primeur
Une barquette d’écume
De garriguette

Tapis tapi, rose

Le vent dans le dos

Voilà le printemps
Les cheveux blondissent
Lazure ce qui montre page blanche
Boulette de pain bis, le moineau fait la mésange
Les carrés de terre gris,
Le feu à l’amorce,
Les perce-neige
Au pinceau
Redressent la tête
Splash, du chapeau maculé du tour de magie,
Des coulées poussin de jonquilles
D’entre les sapins,
Un peu fleur bleue,
Une gentiane dore
D’un côté,
Reflet penché
D’un narcisse des prés.

Rien ne change,
Le vent
&
La pluie
Gauchissent les gens
Maintenant,
Le beau temps,
Le papier peint
Le teint de rose
Prêt d’éclore,
Le gibbeux,
Des épaules déjà
Les semis,
Sur les robes
Terreau de
De jeu,
Bouquets couchés
Sous la bise,
Avec un R,
Ça adoucit,
Redresse
Les tiges coupées
Des fleurs,
Qui cassent
Lenteur
Du mouvement

Cloisons

Construire une bouteille
De papier si fin,
Sulfurisé poncé jusqu’à l’usure,
Sucre filé, tour de confiseur
Qu’un papillon qui se serait par
Le goulot introduit,
Pour y jouer les goélettes d’un jour,
D’un battement d’aile débile,
Et ressort de la trompe
En infime trompette de Jéricho
Ferait fondre les armures
Les plus opaques
De la trame,
Jusqu’au cœur enchevêtré
Des murs,
Le jardin est là,
La mer retirée
Dans ses appartements,
Grande Illusion
Le printemps,
Hors la citadelle,
Plus loin.
La ligne des sapins

Midi solaire

Vigne rouge à l’eau
Écarlate, son corail blanc.
Les pluies sont acides
La neige, décimée

Hi Paddy

Cultiver un coin
De bruyère, que Jeeves s’y roule
Se relève, Tweed

Sur l’autre rive de la rue

Le pied de vigne vierge
Sur le pignon
Marée montante
D’une fumée sans feu
Dont les fruits
Résident dans le Cordoue
Des feuilles bourgogne.
Il part des fondations,
Puis scinde son brasier
Arrivé à la fenêtre
En deux bras,
Mer Rouge
Au miracle
Suspendu,
Le temps
Que durera l’automne,
Langue de Graoully
Lance-flamme,
Pas une trace de suie
Sur le crépi,
Les dragons ne carburent plus
Au charbon,
La fenêtre s’ouvre
Renvoie un rai de soleil
En ace
Vers ici,
Éblouie.
Un nuage
De passage
Éteint l’incendie