ce que vos yeux vairons

06/12/2022, hors du temps

Le long des murs,
Les mers.
Par vagues or,
Des champs de blé
Des rubans océan
D’un bleu si ciel
Que l’on ne sait,
Est-ce encore eau,
Ou déjà le pastel
D’un air couleur lin.
Le chœur fait le dos rond
Au soleil
Briques de verre bergamote
Que fonce un nuage,
L’ombre d’un oiseau
S’imprime un instant
Dans l’ambre des vitraux
Déroule sur les dalles
Du sol un tapis qui vole
De carreaux blancs
En cabochons.
Aux images qui se brisent
Et se recomposent
Au gré de la lumière
Et du ressac des ombres,
Du triforium répond,
L’unité des voix
Qui lentement se feuillettent
Le chœur déploye
Ses quatre rameaux,
L’une monte si haut,
Petite alouette,
Que les cœurs
Arrivés
En bord de regard
S’y noient.
L’assemblée se lève

06/12/2022, en attendant

Il y a les vivants
Qui remettent les morts
En forme,
En humbles servants,
Lavent les corps.
Application
En couche de laque,
Le rond
Sur le haut de la pommette
Y figure un semblant
De sang,
Beige rosé,
Les paupières lissées
Sur le sommeil,
La veille longue
Vers l’éternité.
Ceux qui écrivent
Aussi,
Petit coup de marteau
De dinandier
Pour défriper une peau,
Décabosser le souvenir,
Se penchent sur eux,
Ajoutent une fleur
À l’ensemble,
Le récit d’un bouquet
D’héllebores
Couché entre les doigts
De celle qui dort
Embaume l’air,
Les fleurs blanches
Ne sentent rien,
Mais il suffit de faire dire
Aux vers
Parfum d’herbes coupées
Au printemps,
Pour que le joli mois
De mai de Jeanne
Recouvre de brassées
La cyanose bleutée,
Les cendres de l’hiver