ce que vos yeux vairons

20/12/2022, vers les nuits

Miroir sans buée
Miroir voilé
On tient à distance
La substance passée de l’autre côté
On ferme les volets
Ajourés sur
Les meubles
Sans forme,
Les housses
Aux rayures
Blanches et ombres
Les noient
Sans faire dans le détail,
Salon aux glaçons,
Une banquise de bois,
Et la maison du coucou
Une main lui ôte
D’un poids,
La fonte
Des cônes de sapin
Qui descendaient
En rappel
Le long de la chaînette
N’est plus
Suspendue,
Le mur est vide,
La flûte à bec
De l’oiseau
Qui enchante les enfants
Qui scrutent la minuscule porte
Et jouent avec le temps,
Avant,
Après
À la bonne heure,
Pourvu que l’oiseau chante
S’est tue

20/12/2022, « Bist du bei mir »

Vertigineux moment
De l’absoute
Si tu es de marbre
Il est de ces scies
Qui t’entament
Et de cette eau
Qui refroidit
La lame qui s’échauffe,
Il t’ouvre en deux,
Le chant qui t’émeut.
Si tu es le crime,
Il te retourne
Comme un gant,
Tu mords tes lèvres,
Le menton tremble,
Hache les mots
Massicot,
Des tiges de paille,
Et les pleurs,
Visage Bacon,
À la cire décomposé
Ton cœur
Attiré,
Un requin
Par l’odeur
Du chant qui monte
Avec l’encens.
Poignant et
Redouté
L’instant où
Les ongles
Plantés dans la paume
La libèrent,
Le plus dur
Et le plus doux
Réunis sur
Une pointe
Qui te perce,
Te cautérise au feu,
Douleur,
Et l’autre te berce.
Le chant qui te broie
Soudain
Te prend
Dans ses bras.
Ô musique