24/12/2022, dix mois depuis le 24/02/2022
Dis-moi
Quand tout cela cessera-t-il
Quand l’homme cet animal ne sera plus une bête
Tausend Sterne sind ein Dom
Un dôme aérien
Une étoile,
Ça ne pèse rien
Le poids d’un petit point
Dis-moi
Quand tout cela cessera-t-il
Quand l’homme cet animal ne sera plus une bête
Tausend Sterne sind ein Dom
Un dôme aérien
Une étoile,
Ça ne pèse rien
Le poids d’un petit point
Par où
Est-elle passée
Toutes ces années,
La honnie,
La pas-aimée.
Sa chevelure
Vitraillée
Par le soleil
Ses ondulations
Un astrakhan doré
Toison de Jason
Somptueux,
Vénétie.
Le vent tournoie
Autour du cimetière
Autour de l’église
Sur son piton rocheux
Mes cheveux n’ont plus de sens,
Struwwelpeter
Elle lit Thomas Mann
Dans le texte,
Alors le promontoire
Fut Montagne Magique,
Il y eut le pain de seigle
D’Émily Dickinson,
Le théâtre d’ombres
Des Brontë,
Léopoldine
Embue
Notre intérieur
Autour de Paulette,
Ce fut soudain
Le Festin de Babette,
Et je me sens moins seule,
Par la grâce
De la dernière
Sorcière de Sélestat.
Ne cherchez pas.
J’ai trouvé
Le cœur
De la Chouette d’or
De la course au trésor.
Constitué à l’instant,
Miracle de Noël,
Ève
Petite Paul de Jeeves
N’est plus
Là
Rejoint
Le firmament
Son firmamant
Amour
Aujourd’hui est la date
Georges l’attend
Chez Mozart
Pour un chocolat
Pour toujours
Excréments contraires
À la joie,
Ces sentiments
Qui révèlent
Tes vitraux noirs
De bâtiment à l’abandon
Sans autre restauration
Que celle du lierre
De la colère
Qui monte
Repais-toi
De musique
Presse-agrume
Laisse tourner
Le fruit acide
De ton coeur
Qui se vide
Jusqu’à
La peau
Les pleurs
Entraînent
Ses entrailles
Au dehors
Leur font prendre le soleil
Et la lune la nuit, blanche
Sur le linge sur le pré
Luit,
Ton dessous
Propre
Comme un sous neuf.
Au sol,
Les rigoles de suie,
La débâcle libère
Des glaces
L’hétéroclite enfoui
Creuse jusqu’à l’os
Le permafrost
Près du cœur
Pas totalement pris.
K 622
Et sa face B sous la surface, ombrée, K 364,
Tu as écouté la mort
De l’amie de jeunesse
Lointaine
Agnès,
Si longtemps.
La nomenclature,
Si semblable
À celle donnée
Aux lieux de repos
Des hommes qui dorment
Sous la pierre
Dans la vallée
Des Rois.
Des gouttelettes
De clarinette
Le vallon frais de rosée
Entre le roc et la poussière
Qui s’enherbent
Son poing sec
S’ouvre,
Rose
De Jéricho,
Comme au premier jour,
Le reste est février
Miroir sans buée
Miroir voilé
On tient à distance
La substance passée de l’autre côté
On ferme les volets
Ajourés sur
Les meubles
Sans forme,
Les housses
Aux rayures
Blanches et ombres
Les noient
Sans faire dans le détail,
Salon aux glaçons,
Une banquise de bois,
Et la maison du coucou
Une main lui ôte
D’un poids,
La fonte
Des cônes de sapin
Qui descendaient
En rappel
Le long de la chaînette
N’est plus
Suspendue,
Le mur est vide,
La flûte à bec
De l’oiseau
Qui enchante les enfants
Qui scrutent la minuscule porte
Et jouent avec le temps,
Avant,
Après
À la bonne heure,
Pourvu que l’oiseau chante
S’est tue
Vertigineux moment
De l’absoute
Si tu es de marbre
Il est de ces scies
Qui t’entament
Et de cette eau
Qui refroidit
La lame qui s’échauffe,
Il t’ouvre en deux,
Le chant qui t’émeut.
Si tu es le crime,
Il te retourne
Comme un gant,
Tu mords tes lèvres,
Le menton tremble,
Hache les mots
Massicot,
Des tiges de paille,
Et les pleurs,
Visage Bacon,
À la cire décomposé
Ton cœur
Attiré,
Un requin
Par l’odeur
Du chant qui monte
Avec l’encens.
Poignant et
Redouté
L’instant où
Les ongles
Plantés dans la paume
La libèrent,
Le plus dur
Et le plus doux
Réunis sur
Une pointe
Qui te perce,
Te cautérise au feu,
Douleur,
Et l’autre te berce.
Le chant qui te broie
Soudain
Te prend
Dans ses bras.
Ô musique
Petite Paul de Jeeves
Part en voyage
Son bagage, son pas
Légers comme une plume
Un daim couvert de neige
Les yeux ne voient rien,
Pas une trace,
Mais sur le coeur