Lire le monde du jour
Celui de Charles Second
Et de Bonnefrite
Faire du pain perdu
Depuis longtemps. Le chercher
Aux objets trouvés
Sur l’une des faces
Tu trouves sa face
Sur toutes les autres
Également
Il ne te laisse
Aucune chance
De le manquer,
Le joueur de dé
Est-il proche
D’un thé brûlant à la menthe sucrée
D’un bon camarade
D’une famille
D’une télé
De la petite finale
Pour brûler aussi,
Il épluche une clémentine
Où passe un nuage,
Et le ciel bleu,
Un but
Et sa lucarne
Ouverte sur le large,
Le Chibani
Avec son bonnet de laine pointu
Sa déambulation, au rayon des fruits
Une baguette de pain sous le bras,
Longue,
C’est l’enfant de l’instantané qui a vieilli de Willy Ronis
Tombé en marche du portrait,
Ici,
Le Chibani.
Il n’a pris ni cabas, ni caddy,
Le pain est un prétexte,
Un ticket d’entrée pour la promenade
Un arrêt devant les clémentines rangées au cordeau dans le cageot de bois,
Petit filet, pour les retenir, ajouré,
Une couverture posée sur un berceau
L’étiquette les dit de Berkane,
Elles sont très chères, rutilantes, le prix du voyage du soleil en classe affaires
Peut-être sont-elles très chères à son cœur,
Cueillies sur un arbre ami
De la campagne de son pays
Il fait très froid ce matin à l’abri,
J’ai nourri Oncle Ho sans lui démêler la tignasse
Froid, et chaud, c’est complexe, un jour d’été, l’hiver
De l’arbre à pin, tirer une planche, selon Jeeves
De l’arbre à pain, je recueille un fruit
Tout ce qui réchauffe nourrit
Le froid rend les mains gourdes, l’humain
Le Monde est vaste
Je n’y changerai rien,
C’est ainsi.
Le mien, celui
De Monsieur-Tout-Le-Monde
Sont petits.
Et là, la tâche
Est sans fin,
Chacun selon son jardin.
« Ça le fait »