Cœur
Deux mains
Si je n’en fais rien
Ils finiront
Moignons
Par s’atrophier
Tout en appendice
Le cœur, à peine une noix
Mains qui ne donnent pas,
Un arbre,
Élagué
Jusqu’au tronc,
Un pieu si lisse
Qu’y glisse,
N’y prend racine
Et se brise à ses pieds
Toute tentative de nid
De l’oiseau Sisyphe,
Prométhée
Livre d’Heures, ouvert
Sous le soleil de midi
Étincelant.
Les miniatures
Les enluminures
Les onciales liseronnées d’acanthe,
Surexposées,
La lumière chaule
Les paupières,
Passent les pages
Vides,
Et lisses,
Sous les doigts
Qui ne lisent
Rien,
Ni les yeux,
Ni les mains,
Ne saisissent
Une once
De la beauté
Du parchemin
Parcouru
À l’aveuglette,
En vain.
Le moment est mal choisi.
Le soleil,
Sans le recours de l’ombre,
Est dissolvant
Pour les pages
Qui se vident de leur substance,
Blanches.
L’attendre,
Ni feu,
Ni obscurité noire,
Le soir,
Propice
Des ruines du bouquet,
La réunion de quelques briques
Échappées du temple,
La cendre du figuier étrangleur
Autour du matin
D’Angkor Vat,
Une amphore descellée
D’où s’élèvent
Les grains de brouillard
Des plaines de l’Est,
La lune rayonnante
D’une fleur rouge,
Soeur de celle
Qui éclaire le chapeau de Bip,
Et des géraniums qui soulignent
Les lèvres des fenêtres,
Et quand elle penchera la tête,
Plus rose,
Rouge éventé,
Il restera le vase
Á briquer,
Une lampe
De conte de fée.
Laisser
Au tiède de la faïence
Germiner
Dieu sait quoi,
Chapeau de paille
Patience dans l’azur,
Nouer son tablier
De jardinier,
Le pot
Est sur le feu
Recycler les clés
Il n’y a plus de serrure
Opérer à cœur
Ouvert
Ni ouverte ni
Fermée, manège enchanté
La porte à tambour,
Donner d’une main
Donner de l’autre, ouvrir
Le circuit fermé,
Ça coule de source,
L’hémorragie n’est pas mortelle
Pour le cœur
Du donneur
Verrou
Libre d’aller vers où
S’asseoir sur la table d’opération
S’ouvrir à l’autre,
Jeeves
Au jeu,
Chi-Fou-Mi,
À l’imitation
De ces ombres mystérieuses,
Qui échangent sous le regard
D’un réverbère fuligineux,
Leurs cartes de visite,
Jeeves avance sa moitié
De dollar
Avida,
Deux feuilles
D’un trèfle tronqué,
Je sors mon coeur,
À la jonction,
Bat
L’inédit
D’une arme
Sans le tranchant
D’une épine,
Ciseau à une lame
Pierre si lisse,
Cilice et sa mue,
Mouchoir de soie,
Quelque chose
D’une fleur
Qui pousse,
Sur l’entrelacs
Doux,
Des doigts
Aux ongles
Roses et ras
Le jour d’Agnès.
Du Fermez-les-guillemets.
Mais si on le renverse
Comme il faut,
Tu distingues
La virgule pas si lointaine
D’un oiseau
Folon sur un ciel
Rose thé
Délayé
Lait cendré
De février,
Trente-trois fois
Répétée,
Et c’est un ban
D’étourneaux
Que deviens-tu,
Trente-trois,
Qui pointille
L’azur blanc
De sa bruine,
Seurat,
Pense à ces poissons
Argentés,
Chacun l’écaille
D’un seul corps plus grand que lui,
Au fluide de leur danse sous l’eau,
Ce que tu es devenue,
Matière à réflexion,
Monologue interrompu
De petits signes
Décortiqués fébrilement
L’amande ténue
De ta voix
Parfois,
Ce me semble,
Par ce trou d’épingle,
Au-delà
Le bouquet gothique
Flamboyant
Et toutes ses profusions.
Les mains pleines
De longues allumettes
Craquées simultanément,
Une bûche noire,
Et rouges transparents
Tombe,
Blessure,
Dans le feu, et lèvent
Du terreau,
Les graines gerbées
Des étincelles,
Au bout des tiges,
Les flammes-fleurs,
De l’écarlate au rose d’ongle
À la cyanose pâle
Brûlent,
Et fanent,
Le bouquet
Au fur et à mesure
S’étrécit,
Fond, cire
De la bougie,
Passe de la chaussure de vair
Au petit pot de terre gris
Craquelé,
Du soleil
Au clair-obsur des murs
D’un édifice roman,
Je retire une rose,
Un œillet crispé sur son poing,
Reste, vert
Encore
Du feuillage,
Poisson échoué,
Branche de thuya
À respirer
Hors d’eau,
Et poussière