08/03/2023
Lu sur le fond du sachet de la baguette de pain
Papier kraft brun
Apte au contact
Alimentaire
Comme la couverture
Du livre qui nourrit,
Une livre de pain,
Toutes les faims
Lu sur le fond du sachet de la baguette de pain
Papier kraft brun
Apte au contact
Alimentaire
Comme la couverture
Du livre qui nourrit,
Une livre de pain,
Toutes les faims
Montag
Homme-lige
Homme-livre dont il est le page
Homme libre
Sonntag
Telle belle personne,
Conservatoire d’une petite musique à rayonnement poétique
Serait-elle le fruit du reflet
De ce qu’elle lit ?
Osmose
Chantepleure,
Est-elle l’outil,
Go-between
Ou est-elle la poésie ?
Ordonne les flux
Eau douce,
Eau amère.
Ours en cage,
Un drain dans le vif
De sa bile,
Ce tuyau
Sur lequel
Veille l’égoutier.
Mais les jours de fête,
Il pousse des fleurs de caniveau,
La vie est belle
Aussi
Dans le noir des souterrains,
Derrière les plinthes,
Où vivent
Les petites souris
Il neige
Je nourris d’eau fraîche
La cheminée
Dans le pot de grès
Posé sur la table,
Les flammèches
Emmêlées
Des fleurs rouges,
Odeur de fumée,
Un œillet transpire
Le boucher,
Et sa feuille quadrillée,
Assortie
À son tablier
D’écolier
Bleu et gris,
Se penchent
Sur la pêche
Du jour.
De son couteau
Aztèque
À la nacre irisée
D’un nuage
Poncé,
Travail
De boucher
À la toile émeri,
L’homme de l’art
Épluche
Une poire,
Écaille un merlan
Piqué au vif
En colère,
Dans son filet,
Une petite araignée
Trottine,
Répare les mailles,
Faufile,
Gentille épeire,
Le boucher attendri
Devant tant d’effort,
Et un peu Figaro sur les bords,
S’essaie à une berceuse
Sur un air de Rossini,
Et veille,
Bonne pâte,
Celle qui repose
Sur l’oreiller
De la Belle Aurore,
Et s’endort,
Brisée,
Sans perdre
Une miette,
Fa, ou do
De la chanson,
Car quoique
Rompue,
Elle n’en demeure
Pas moins
Polie,
Et ne lui tourne
Dans son lit
Le dos
Il tombe,
Une hésitation
Entre la neige et l’eau,
Du duvet d’oiseau
Venu de la branche
Au Nord
Du sous-bois,
Rêve de
Grand tétras,
Et merzlota.
Et sous la bise
Qui trie
Le grésil
Comme un plat de lentilles,
La mie bise
Se détache
Sur le fond
De l’air gris,
De l’aile
D’un moineau
Qui fond
Sous la fente
D’une tuile,
Où moussera
Incessamment
Son nid
Remontés
Des sous-sols
De la saison hiver
Par lent palier,
Bassiner les pieds,
Laver l’émail terne du pot
Couper les peaux mortes,
Protéger les yeux
De la lumière
À peine vive
Du jour,
Mais qui est déjà de trop,
Mars est lancé au trot,
Aveugle les endormis
Pris dans ses phares,
Au salon,
L’ambassade du bouquet
Solaire,
Tout le spectre du rouge
Roses, tulipes, œillets
Astre en pot de grès
Cueilli par Jeeves,
Les précède,
Les revenants,
Amaryllis
Elle a chaussé
Ses sandales
S’est promenée
Le long du fleuve
Entre les roseaux,
Et les rayons
Tièdes
Du soleil naissant,
Celle brillamment
Mise en lumière
Dans son coffre de verre,
Sans plus trace
De son esprit,
La momie.
« Elle fut homme, son réceptacle »
Dit Jeeves
Est-elle à sa place
Là
Ô Barricades Mystérieuses
Des hauts de Hettange
Nous penchons vers le Luxe
D’Anise Koltz
Monstres.
Ils monstrent,
Alors regarde,
Écoute.
Abbott et Costello
Parlent
De ronds dans l’o,
Leur parole
Est cerceau
Ramifié
Encre de Chine
Et tableaux,
Vannerie d’osier
Subtilement nouée,
Monstres.
Des informes,
À l’enveloppe
A4
Au carré,
Une vision
Sertie
Dans un cauchemar
De Füssli,
Mais sous tout ça,
Sous le drap blanc
Fantomatique
De leur peau exo,
Visage de
La noblesse.