Magnolia-arbre-à-dragées
Forsythia c’est le soleil au ras du sol échevelé qui ouvre un œil
Sur sa tête un baldaquin un peu mité,
Le ciel entre les fils électriques chahutés
Où se balancent poussées par le vent
Deux tourterelles à collier,
Qui rou-rou-roucoulent,
Évidemment il pleut
Et le soleil s’ébroue,
Le café coule,
La pluie se charge de bleu,
Ensemence les myosotis,
Le bol blanc brunit
La tartine plonge
Comme un soleil des tropiques
Dans la mer
Mouette vive,
Un peu brûlée,
Le serpentin rouge
Du grille-pain,
Je pense à E. et E.,
Enveloppés de choses douces,
Sans coutures,
Mains tièdes,
Et mousses
Dans leur nid
De plexiglas
Un bonnet taillé
Dans une clochette de
Muguet. En juillet ?
Tout petit E. va
Prendre son élan,
Bond de géant,
Grandir
Fétu minuscule,
Au pays de Gulliver,
E.
Sur le bras de son père,
L’imaginer,
Parcelle de crosse
De fougère,
Dérouler
Les ans,
La tige souple
Helix
Ouvrir
Sa spirale
Au soleil,
Jusqu’à passer
Les sommets blancs,
Ombres grisées
De la tête
De ses parents.
Je secoue la tête
Demain est un millier de jours.
E. n’a même pas
72 heures
La nuit est une forme de cabane,
Sans Baïkal,
Mais avec obscurité,
Et écriture
L’attente de Jeeves.
Les embûches,
L’état solitaire
Sont exotiques,
Une minuscule
Flaque d’eau,
Et c’est la chute.
La machine à laver,
Old Cataract
Un et deux
Les choses ont foisonné
La merveilleuse maisonnée de Pierre et Jo
Deux petits passereaux ont hier éclos
Barricades Mystérieuses des prénoms
Jaune et Bleu, jolies mésanges
Mon frère est Papapa, selon Jeeves,
Mes parents ont quatre bras qui font deux couffins
La vie est belle, rayons de soleils
À mesure que le rabot
Du couteau détaille
En lauzes translucides
L’asperge
L’ivoire frais
Des copeaux
Détachés
Boucle,
Putzi !
Sur la toile
Cirée,
Petite tête
De putto endormi
Un doigt-fer-à-friser
Tuyaute un frison
Fatigué.
Dehors,
L’escalier tourne
Comme on tourne
Le chapeau
De certains champignons
Des bois.
La marche de bois
1, 2, 3, 4, crac
Craque
Sous le pas
Des invités
Qui montent
Doucement,
Sonnent,
Réveillent le petit putto,
La porte s’ouvre,
Un ange passe
En premier,
Frôle une joue d’un baiser,
Qui sourit,
Salut binander
Le tilleul
Les habitants du troisième étage
Sur cour seuls peuvent
Le regarder dans les yeux
Il est sans fin
Il n’encense pas encore.
Il faudra revenir
Au mois de juin,
Quand les martinets
Ivres de son odeur
Tournent en boucle
Le soir
Sous les fenêtres ouvertes
Sur la chaleur.
Dans la cuisine
Le boudin de pâte
Roulée
Est disposé
Dans le moule en couronne.
À la découpe,
De jolies tranches
À la spirale
À la cannelle
En ailes
De moulin
À vent.
Le trop-plein
Est coupé
En rosaces
Qui lèveront
En un pavage
De Penrose
Dont la fragrance
Nous rend fous.
Nous sommes les martinets d’avril
Qui tournoyons
Dans le couloir,
Nous humons,
Hum….
L’agneau qui cuira
Dans le même four
Aura un goût
De gâteau