ce que vos yeux vairons

Mois : Mai, 2023

27/05/2023, bricoller au jardin

Parfois
L’amertume,
Sur l’échelle
Du bitter
Faut que j’m’améliore
Cultiver cet envers
En faire un endroit
Mellifère
Expertise de Maman,
Mon Stéphane Marie particulier,
Peaux de banane
Nourrissent
Les pieds de rosiers

26/05/2023, matière à réflection

Eremurus himalaïcus
Le cierge est la pierre d’angle
Du jardin mitoyen
Un lupin étoilé
Qui crève
La toise
File vers le ciel,
Mire des promeneurs
Qui entretiennent le voisin,
J’aime les fleurs qui ont un prénom bizarre .
Je fais mon miel
Du détail du rhizome
Qui a une curieuse forme
Rayonnante,
En roue de chariot
Non cerclée,
Étoile de mer
Des soupentes.
Qu’il est agréable
De jardiner,
Je griffe
La planche
De rosiers
De mon mieux.
À l’automne,
Il y aura,
En tentative d’abscisse
De son ordonnée,
Une constellation
De bulbes,
Répons
En punctum et virga
Au jardin enchanté
D’à côté

26/05/2023, être thermogène

Objectif Cœur
Devenir étoile de mer
Tous bras en synapse,
En étole sur l’épaule creuse,
Toucher le froid
Jusqu’aux larmes,
Qu’il fonde
Sa glace,
Sorte des tenailles,
Le fruit de la coulée,
Douce chaleur

25/05/2023, au centuple

Dans le conte,
La servante
Est une vieille ombre
Attachée
À la jeune princesse.
Le conte est abrasif,
Il ponce la réalité
Des doigts perclus
Du dos gibbeux,
De la bure qui fond
Au contact de la soie
Lait frais.
Souhait
Qu’il fût
Réversible
Comme ces dentelles
De Lefkara,
Dont l’envers
Vaut l’endroit,
Princesse,
Aux pieds
De la nourrice
Qu’elle ondoie,
Dont la chevelure
Fait son office
De pantoufle de vair,
Grand-Mère,
À ton service

24/05/2023, les yeux fermés

Où es-tu,
Centre
De gravité,
Du camion
Chargé de ballots
De musique indienne
De divinités
Qui se balancent
Au rétroviseur
Intérieur,
De passagers
En édredon
Sur les ballots
Jusque sous
Les nuages,
La rivière
Est loin,
Une entaille tout
En bas,
Où,
La roue
Tourne
Dans
Le vide,
Le chemin,
Étréci

24/05/2023, poème pneumatophore, 100, inversion de la poussée

Arrêt sur image.
Chaque seconde,
Minutieusement
Débitée
Du continuum,
Lamelle
De la finesse
D’un cheveu,
Soulevé,
Brise naissante,
Par le scalpel
Étincelant
De la lune
D’argent,
Du pendule
Imité
De celui
De la nouvelle
D’Edgar Allan Poe,
Qui fauche,
Transparence
De l’air,
L’étendue
Du temps,
Ô vingt-quatre mai,
Il n’est pas encore minuit,
Freiner des quatre fers,
Que la journée
Compte quarante-huit heures
S’il le faut,
Pour inscrire
En son déclin,
Le mot
Fin
Au front
De toutes les guerres.

Quinze mois

23/05/2023, poème pneumatophore, 99, carré blanc

Pas de pierre de Rosette
Pour l’idiome
De Jabba le Forestier,
Champollion
Soulève
Un moellon,
S’éponge le front,
Pas de traduction,
C’était écrit ,
Lettre morte,
Et bruit de tuyau

23/05/2023, poème pneumatophore, 98, indices qui ne trompent pas

Poussière et cheveux
En sabot
Sous le pied
De la chaise,
Un feutre
Où lire
Enroulé
Comme spire
De liseron
Le rebut,
La brosse
La toilette de chat
Du deux-corps,
Juste ce qui se voit,
Les moulures,
Cette partie du bois
Qui prend le soleil
Mieux
Que le pan
Au Nord,
Ces nez au milieu
De la figure
Traités
En roi,
Marché de dupe,
Le chiffon jaune
Qui ne va pas
Au fond des choses,
Médiocre
Muleta

23/03/2023, poème pneumatophore, 97, deus ex machina, l’Olympe

Réveillés
En pleine nuit,
Lointains
Violons de l’orchestre,
Pâleur des étoiles
Sur le visage
De la vigie,
Le froid soudain
Immobile,
Ni vent,
Ni traîne
D’écume
Accroché
À la carène
De celui qui fond,
Glaçon
Dans un verre d’eau,
Bateau
Sur le Grand Banc,
Perdu,
Nous sommes
Tous,
Glissés
Sous la casquette
À galons dorés,
Stupeur et tremblements
Du capitaine Smith

22/05/2023, poème pneumatophore, 96, l’effort

Comme deux et deux
Font quatre après-demain
La guerre est finie.
Les vieux accrochent
Des ex-votos
Dans des temples
À ciel désert,
Gris,
Les pluie de fer
Passées
Sur les champs
Rouillent les blés,
Des arbres en fleurs
Avancent leurs branches
Par l’absence de vitrail
Il reste un fond de feu
Dans le lance-flammes,
Le veilleur de nuit
Allume un réverbère,
Un chien court
Agility,
Sur des cubes
Gris
De béton
Qui n’appartiennent
À aucune maison.
Il y a personne
Ici,
Le chien,
Et le veilleur
De nuit,
Et mercredi,
Le jour ami
Des enfants,
Qui se balancent
Sur des éléphants
À ressorts,
Et couleurs
Sur les aires de jeux,
Cessez le feu,
Donnez en un peu
Au veilleur,
Aux dernières nuits
Avant l’embrasement,
Été